‹ ChansonsChapitre 107 sur 201 · LA NACELLE · texte numérisé non relu

LA NACELLE

Que ta main nous guide , Nocher trop prudent.

Ramons en fendant Ce courant rapide :

Nous voulons revoir La rive lointaine Où fut notre peine , Où fut notre espoir.

Vogue , ma nacelle !

Remontons le cours

De nos ans, ma belle, Et de nos amours.

Les fleurs que tu sèmes , Nous les enfermions Quand nous nous aimions , L*ig^norant nous-mêmes.

Ah ! qu'ils étaient doux , Les jours d'innocence, Les jours de l'enfance , Qui sont loin de nous !

Vogue, ma nacelle!

Remontons le cours De nos ans , ma belle , Et de nos amours.

Puis , nous épelâmes Le doux nom d'amour, Qui devait un jour Mêler nos deux âmes.

Rien que pour te voir Je trompais mon père ; Tu trompais ta mère Pour me recevoir.

Vogue, ma nacelle! .

Remontons le cours De nos ans , ma belle , Et de nos amours.

Combien de prudence Que de soins gardes !

Nous e'tions guidés Par notre ignorance.

A quoi m'ont seni Mes vingt ans fidèles?

L'Amour a des ailes, Et tu l'as suivi.

Vogue , ma nacelle !

Remontons le cours De nos ans , ma belle , Et de nos amours.

Ton bras se fatigue , Impiiident nocher ; Tu ne peux toucher L'ëcumeuse digue.

Livre aux flots conftis Ta rame lassée ; La rive passée Ne s'aborde plus.

Vogue , ma nacelle !

Descendons le cours De nos ans , ma belle , Et de nos amours.

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