‹ ChansonsChapitre 110 sur 201 · LES PLAINTES DE GLYCÈRE · texte numérisé non relu

LES PLAINTES DE GLYCÈRE

Glycère était auprès d'Horace, Auprès d'Horace qui rêvait ; En vain elle épiait la trace Du songe qui le poursuivait.

Longtemps , aux genoux du pocte , Les yeux levés elle resta ; Puis, timide et baissant la télé, Elle prit sa lyre et chanta :

M Horace , tu m'avais choisie

Pour mettre mon nom dans les vers,

Et ta divine poésie

M'a fait connaître à l'univers.

Mais j'ai de ton àme inquiète Sondé les replis ténébreux :

L'amour ne t'a pas fait poëte; La muse t'a fait amoureux.

C'est elle seule qui t'inspire Les vers écrits en mon honneur ; Quand mon nom frémit sur ta lyre , Le sien palpite dans ton cœur.

Tu blâmes mon indifFérence , El tes yeux s'éloignent de moi , Tu chantes les maux de l'absence , (Juand je suis seule auprès de toi.

Et si je te disais : « Horace,

» Jette les vers que tu m'as faits ,

» Et prends mon amour en leur place , »>

Horace, tu refuserais.

Poëte , tu places la gloire Au-dessus de tes amitiés, Et tu n'as pas gardé mémoire Que je meurs d'amour à tes pieds. «

Pendant la triste mélodie, Horace était resté distrait :

Il faisait des vers à Lydie , Tandis cjue Glycère pleurait.

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