LES PLAINTES DE GLYCÈRE
Glycère était auprès d'Horace, Auprès d'Horace qui rêvait ; En vain elle épiait la trace Du songe qui le poursuivait.
Longtemps , aux genoux du pocte , Les yeux levés elle resta ; Puis, timide et baissant la télé, Elle prit sa lyre et chanta :
M Horace , tu m'avais choisie
Pour mettre mon nom dans les vers,
Et ta divine poésie
M'a fait connaître à l'univers.
Mais j'ai de ton àme inquiète Sondé les replis ténébreux :
L'amour ne t'a pas fait poëte; La muse t'a fait amoureux.
C'est elle seule qui t'inspire Les vers écrits en mon honneur ; Quand mon nom frémit sur ta lyre , Le sien palpite dans ton cœur.
Tu blâmes mon indifFérence , El tes yeux s'éloignent de moi , Tu chantes les maux de l'absence , (Juand je suis seule auprès de toi.
Et si je te disais : « Horace,
» Jette les vers que tu m'as faits ,
» Et prends mon amour en leur place , »>
Horace, tu refuserais.
Poëte , tu places la gloire Au-dessus de tes amitiés, Et tu n'as pas gardé mémoire Que je meurs d'amour à tes pieds. «
Pendant la triste mélodie, Horace était resté distrait :
Il faisait des vers à Lydie , Tandis cjue Glycère pleurait.