‹ ChansonsChapitre 158 sur 201 · A VOS AMOURS · texte numérisé non relu

A VOS AMOURS

Votre verre a choqué le mien ,

Selon le vieil usage.

Et votre voix m'engage A prolonger cet entretien.

S'il faut chanter celle que j'aime.

Volontiers j'obéis, Car je suis absent de mpi-méme

Comme de mon pays.

Des mœurs anciennes Suivons le cours :

Je bois à vos amours,

Kt vous boirez aux miennes.

Entre elle et moi l'on avait cru

Mettre la terre entière :

Je regarde en arrière Le sillon que j'ai parcouru.

Pour traverser les mers lointaines ,

Mon cœur se fait vaisseau ; Pour franchir les monts et les plaines ,

Mon cœur se fait oiseau.

Des mœurs anciennes

Suivons le cours :

Je bois à vos amours, Et vous boirez aux miennes.

En m'éloignant je lui promis

Qu'à l'heure coutumière

Je dirais ma prière , Et que son nom y serait mis.

Avant que paraisse l'aurore,

Ce doux nom me poursuit , Et ma prière dure encore

Lorsque revient la nuit.

Des mœurs anciennes

Suivons le cours :

Je bois à vos amours.

Et vous boirez aux miennes.

Si quelqu'un de vous a connu Les tourments de l'absence , Qu'il ait la souvenance

Du pays qui Ta retenu.

Si quelque chaste fiancée

Attend votre retour, Adieu, portez-lui la pensée

D*un exilé d'amour.

Des mœurs anciennes

Suivons le cours :

Je bois à vos amours, Et vous boirez aux miennes.

L'HISTOIRE DU GÉMÉRAL

Je vais vous raconter l'histoire De mon illustre Général.

— Qu'on verse à boire Au Caporal !

— Il naquit dans un âge tendre

A Lille, en Flandre.

Jeunes conscrits , écoutez bien Ce que raconte votre ancien :

J'ai soif! à boire !

— Qu'on verse , verse à boire

Au Caporal !

Il va conter l'histoire

Du Général.

Je vais vous raconter l'histoire Du père de mon Général.

— Qu'on verse à boire

Au Caporal !

— Il se montra de grande taille

A la bataille.

Il a cueilli bien des lauriers Dans le premier carabiniers.

J'ai soif! à boire !

— Qu'on verse , verse à boire Au Caporal !

Il raconte l'bistoire Du Général.

Je vais vous raconter l'histoire Du frère de mon Général.

— Qu'on verse à boire Au Caporal !

— Il tira le numéro treize...

Et trois font seize.

Il a cueilli bien des lauriers Dans le deuxième cuirassiers.

J'ai soif! à boire!

— Qu'on verse , verse à boire .

Au Caporal!

Il raconte l'histoire Du Général.

Je vais vous raconter l'histoire De l'oncle de mon Général.

— Qu'on verse à boire Au Caporal !

— Il est sorti de la fabrique

Polytechnique.

Il a cueilli bien des lauriers Dans le troisième canonniers.

J'ai soif! a boire !

— Qu'on verse , verse à boire Au Caporal !

Il raconte l'histoire Du Général.

Je vais vous raconter l'histoire De la sœur de mon Géné)*al.

— Qu'on verse à boire Au Caporal!

— On appréciait sa cuisine

 la cantine.

Elle arrosa bien des lauriers Dans le quatrième lanciers.

J'ai soif! à boire!

— Qu'^n verse , verse à boire Au Caporal !

Il raconte l'histoire Du Général.

Je vais vous raconter l'histoire Des enfants de mon Général.

— Qu'on verse à boire Au Caporal !

— C'étaient des conscrits bien honnêtes,

Comme vous l'éles, Payant la goutte à leur ancien Qui leur disait : Écoutez bien :

J'ai soif! à boire!

— Qu'on verse, verse à boire

Au Caporal !

Il a conté l'histoire

Du Général.

SLPPOSITIOX.

Vous êtes triste , mon amie ;

Triste, pourquoi?

Le bonheuf vous tient endormie ,

Écoutez-moi :

Vous êtes jeune , et je suppose

Que ving[t ans, c'est si peu de chose,

Soient révolus :

Je suis ridé , ma tête est blanche ; Votre corps moins souple se penche ;

Nous n'aimons plus.

Alors, un soir, un soir d'automne,

Je vous revois , Nous sommes vieux, vous êtes bonne

Gomme autrefois.

Je prends votre main dans la mienne, Et je vous dis : « Qu'il vous souvienne

Des jours passés ,

Quand jeunes et libres ensemble »

Ma voix s'éteint, votre main tremble;

Vous rougissez.

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