CHAI9S0NS
Et pourtant ma phrase s'achève :
« Vous souvient-il Combien nos cœurs avaient de sève
En notre avril?
Combien nous étions l'un à l'autre , Et quel bonheur était le nôtre ,
O mon trésor !
Lorsqu'une commune pensée Tenait notre vie enlacée
A son fil d'or? »
Alors , je veux aussi le croire ,
Votre œil pâli Retrouve une larme , en mémoire
D'un long oubli.
Et vous me dites : « Laissez laisse
Notre amour et notre jeunesse ;
Je m'en souviens.
Je veux plutôt les désapprendre Et ne pas remuer la cendre
Des temps anciens. »
Eh bien , j'ai commis un mensonge
Triste et pesant :
Ce passé revu dans un songe, -
C'est le présent.
Ces heures, ces rapides heures Que je rappelle et que tu pleures ,
Nous les pressons ; Ces printemps que les hivers chassent , Ils ne sont pas passés , ils passent ,
Et nous passons !
Et tu resterais endormie
Auprès de moi ?
Vous êtes triste , mon amie ,
Triste , pourquoi ?