LE DOCTEUR GRÉGOIRE
Le docteur que j'ai
N'est pas agrégé; Il n'a ni cordons ni grades ;
Il est détesté
De la faculté ; Il guérit tous ses malades.
Ah ! le bon docteur Et le remède admirable !
C'est une liqueur Qu'on peut même prendre à table.
Quel plaisir,
Quel plaisir de boire
L'élixir Du docteur Grégoire !
Il (lit : Mes enfants , Soyez bons vivants ;
Suivez bien mon ordonnance :
C'est la bonne humeur Qui fait le bonheur,
Voilà toute la science.
Votre corps va mal?
Vite , prenez-moi ce verre ; Si c'est le moral ,
Buvez la bouteille entière.
Quel plaisir, Quel plaisir de boire
L'élixir Du docteur Grégoire !
Au pauvre ouvrier
Lassé du métier, Et qu'on veut mettre à la diète,
Il dit : Viens ici ;
Tiens, prends-moi ceci :
C'est de l'or dans ta cassette.
Et, quand il a bu Le remède de Grégoire,
L'ouvrier fourbu Se met à chanter victoire !
Quel plaisir, Quel plaisir de boire
L'élixir Du docteur Grégoire !
A qui voudrait voir
Tout le inonde en noir, Il met des lunettes roses ;
Aux pauvres rimeurs
Qui versaient des pleurs , • Il a fait chanter des choses !
Il a guéri plus :
Deux ou trois cents journalistes ,
Cent mille cocus Et quatre socialistes.
Quel plaisir, Quel plaisir de boire
L'élixir Du docteur Grégoire !
Eh bien , la liqueur
De ce bon docteur Est le jus d'une racine
Qui vient du Pérou ,
De je ne sais où, De Golconde ou de la Chine
Non : c'est du raisin Qui pousse dans la campagne.
Et qui fait du vin D'Argenteuil ou de Champagne.
Quel plaisir, Quel plaisir de boire
L'élixir Du docteur Grégoire !