‹ ChansonsChapitre 72 sur 201 · LA CHANSON DE TRENTE ANS · texte numérisé non relu

LA CHANSON DE TRENTE ANS

Le temps fuit, ma belle maîtresse *

Nous voici rendus A l'endroit où la route baisse ,

Pour ne monter plus.

Regarde l'horizon céleste

Qui va se fermer.

Dépensons l'argent qui nous reste :

Laisse-moi, laisse-moi t'aimer.

Dans tes yeux je puisais l'ivresse :

Ils vont se terftir; Ils n'auront de notre jeunesse

Que le souvenir.

Le soleil, qu'incline l'automne,

Perdra tous ses feux.

Mais sa flamme en tes yeux rayonne , Laisse-moi contempler tes yeux.

Ton front était pur et limpide :

Les ans accomplis

Vont bientôt marquer d'une ride

Ce marbre sans plis.

Tes cheveux tomberont sans gloire ,

Blanchis par le temps; Mais ta chevelure est si noire !

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