Livre-moi tes cheveux flottants
Quand Thiver étendra sa glace
Sur ces traits creusés , Ta joue aura perdu la trace
De mes longs baisers.
Ta lèvre aura perdu , ma belle ,
Ses sourires d'or.
Mais ta bouche est la fleur nouvelle ; Laisse-moi t'embrasser encor.
Tu n'auras plus ce col d'hermine
Que je découvrais, Ni cette taille souple et fine
Que tu me livrais, Ni ta gorge non retenue
Que j'aimais alors. . . .
Mais si riche est ta gorge nue !
Laisse-moi compter mes trésors.
Quoi ! Plus rien , ma belle maîtresse ,
Plus rien aujourd'hui?
Les désirs , fils de la jeunesse ,
Avec elle ont fui.
Quoi ! rien , quand s'éteint cette flamme ,
Pour la rallumer?
Mais l'amour embrase mon âme !
Laisse-moi, laisse-moi t'aimer.