‹ ChansonsChapitre 8 sur 201 · LES REINES DE MABILLE · texte numérisé non relu

LES REINES DE MABILLE

Pomaré, Maria, Mogador et Clara , A mes yeux enchantés , Apparaissez , chastes divinités !

C'est samedi ; dans le jardin Mabille Vous vous livrez à vos joyeux ébats ;

* Je réclame l'indulgence du lecteur pour les incorrections et les négligences dont fourmille cette chanson. Volontiers, je ne Teuase pas publiée; mais comme elle est devenue populaire avec tous ses défauts, je n'ai pas cru pouvoir me tlispenser de lui donner une place dans ce recueil.

CHANSONS. Il

C'est là qu'on trouve une gaîté tranquille, Et des vertus qui ne se donnent pas.

Le Cerbère crépu M'a déjà reconnu, Et l'orchestre. . . bravo !

Est dirigé par monsieur Pilodo.

Voyez, là-bas, le sémillant Mercure, Et ses fuseaux qui tricotent gratis , Représentant le Dieu qui nous récure , Et la maison 6*** père et fils.

Dans un quadrille à part , Voici le grand Chicard Avec grâce étalant Un pantalon qui dimanche était blanc.

Ton noble front , ô grand roi de l'époque ! Porte le sceau de l'immortalité ; Mais , avec toi , ton ignoble défroque Veut-elle aller à la postérité ?

Dans ton rapide essor, Je te suis , Mogador ; Partage mon destin , Fille des cieux... et du quartier Latin.

En te faisant si belle d'élégance , Ton père eût dû songer, en même temps , Â te doter d'un contrat d'assurance Contre la grêle... et d'autres accidents.

Maria , passe l'eau , Laisse là ton Prado :

Prodiges superflus !

L'étudiant, hélas! ne donne plus.

Que j'aime autour de ta prunelle noire Ce cercle bleu tracé par le bonheur, Liste d'azur qui garde la mémoire Des amoureux effacés de ton cœur !

O grande Pomaré , A ton nom révéré , Ton peuple transporté S'est incliné devant ta majesté!

Âh ! cambre-toi , ma superbe sultane , Et sous les plis , que tu sais ramener, Fais ressortir ce vigoureux organe Que la pudeur me défend de nommer.

De ton humble sujet, Accepte ce bouquet Plus frais que tes appas , Et parfumé... comme tu ne l'es pas.

Je t'aimais mieux lorsque , modeste et bonne , O Rosita ! tu faisais cent heureux ; Ta tète alors n'avait pas de couronne , Mais elle avait encore des cheveux.

O charmante Clara !

Professeur de polka ,

J'aime mieux les ébats Et les leçons que tu n'affiches pas.

Depuis dix ans , comment , sur cette foule , Âs-tu gardé ce prestige enchanteur?...

C'est que, toujours, ta fontaine qui coule De tes attraits entretient la fraîcheur.

Coule, coule toujours.

Fontaine des amours :

Qui sait si , quelque jour, Je n'irai pas y puiser à mon tour?...

Oui , tu vivras autant que la Chaumière , Oui , sur l'airain ton nom se gravera ; On a bien fait la fontaine Molière ; Je te promets la fontaine Clara.

En voyant ces beaux yeux , Ce sourire amoureux.

Et cette gorge-là ! . . .

Qui ne dirait : La reine, la voilà!...

Âh! que ne puis-je, en une folle orgie, Réunissant vos quatre majestés , Vous décerner, comme à l'Académie , Des prix Montyon de toutes qualités ! . . .

Pomaré, Maria, Mogador et Clara , Quel superbe festin Je patrai quand... il n'en coûtera rien.

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