LE MESSAGE
Tu pars pour ce pays heureux Que je fuis et qui me rappelle ; C'est là que s'en vont tous mes vœux, C'est là qu'habite l'infidèle
C'est là qu'habite l'infidèle; C'est là que tu la vis rêver, Un soir d'automne, à sa fenêtre; Ne cherche pas à la trouver!...
Vu la rencontreras peut-être
Tu la rencontreras peut-être.
Près du fleuve, au déclin du jour,
Seule Alors, si sa voix t'aj)pelle,
Ne parle pas de mon amour!...
Peut-être t'en parlera-t-elle
Peut-être t'en parlera-t-elle , Des serments que seul j'ai tenus; Dis-lui ma raison affaiblie; Dis-lui que je ne l'aime plus ! . . .
Ne lui dis pas que je l'oublie
Ne lui dis pas que je l'oublie ;
L'ingrate ne le croirait pas;
Ne cherche pas à me défendre,
Et ce que tu lui cacheras ,
Fais qu'elle puisse le comprendiv —
Fais qu'elle puisse le comprendre, Ce mal qui me ronge le cœur; Que ma voix parle par ta bouche , Que tes yeux disent^ma douleur; Et, si ma souffrance la touche
£t, si ma souffrance la touche, Si des pleurs tombent de ses yeux , Surtout, ne dis pas que je l'aime — Non ! . . . Nous partirons tous les deux Je veux le lui dire moi-même !