‹ ChansonsChapitre 82 sur 201 · PANDORE · texte numérisé non relu

PANDORE

oc LES DEUX GENDARMES.

Deux gendarmes, un beau dimanche, Chevauchaient le long d'un sentier; L'un portait la sardine blanche, L'autre, le jaune baudrier.

Le premier dit d'un ton sonore :

« Le temps est beau pour la saison.

— Brigadier, répondit Pandore , Brigadier, vous avez raison. »

Phœbus , au bout de sa carrière , Put encor les apercevoir ; Le brigadier, de sa voix fière , Troubla le silence du soir :

« Vois , dit-il , le soleil qui dore Les nuages à l'horizon.

192 GUSTAVE KADAUD.

— Brigadier, répondit Pandore, Brigadier, vous avez raison.

— Ah ! c'est un métier difficile :

Garantir la propriété ; Défendre les champs et la ville Du vol et de l'iniquité !

Pourtant, l'épouse qui m'adore Repose seule à la maison.

— Brigadier, répondit Pandore , Brigadier, vous avez raison.

— Il me souvient de ma jeunesse; Le temps passé ne revient pas — J'avais une folle maîtresse Pleine de mérite et d'appas.

Mais le cœur (pourquoi?... je l'ignore)

Aime à changer de garnison.

— Brigadier, répondit Pandore , Brigadier, vous avez raison.

— La gloire , c'est une couronne Faite de rose et de laurier ;

J'ai servi Vénus et Bellone :

Je suis époux et brigadier.

Maïs je poursuis ce météore Qui vers Colchos guidait Jason

— Brigadier, répondit Pandore , Brigadier, vous avez raison. »

Puis , ils révèrent en silence ; On n'entendit plus que le pas Des chevaux marchant en cadence ; Le brigadier ne parlait pas.

Mais, quand revint la pâle aurore, On entendit un vague son :

« Brigadier, répondait Pandore , Brigadier, vous avez raison. »

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