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II INTRODUCTION

Ayant raconte déjà, en tcte du volume dont il s'agit, la vie si tourmentée de Moreau, il nous reste aujourd'hui l'agréable tâche de parler de ses spirituelles et malicieuses Chansons.

Nous les offrons, sans exception aucune, aux admirateurs du poète provinois, bien qu'elles ne soient pas toutes absolument remarquables^. A commencer par ce quasi chef-d'œuvre intitulé : les Cloches, elles ont un entrain qui séduit, et qui rend indulgent pour les fréquents écarts d'imagination de l'auteur^.

Notre choix des ouvrages, en prose et en vers.

1. Disons plus, — afin de ne manquer ni d'exactitude ni de sincérité :

Parmi les chansons de Moreau, il en est plusieurs qui auraient pu, selon nous, être éliminées de ce recueil, sans le moindre inconvénient pour la réputation de l'auteur du Baptême.

L'impossibilité de faire un choix complètement agréable à tous les lecteurs, et la crainte de paraître trop sévère à l'égard d'un poète justement célèbre (à la fois par ses malheurs et par d'exquises productions), nous ont décidé à ne rien retrancher, et nous avons l'espoir que cette détermination sera généralement approuvée.

2. Quelques-unes de ces gracieuses chansons ou romances, — telles que la Fermière, par exemple, — ont pu être comprises dans le volume d'oeuvres choisies destiné à toutes les classes de lecteurs. Nous avons jugé inutile de les reproduire dans celui-ci. Cela aurait fait double emploi, les deux tomes en question appartenant à la même série

INTRODUCTION lil

d'Hégésippe Moreau {publié au mois de mai 1881), a été fait sans le moindre parti pris, et avec le désir très légitime de former un bouquet printanier pouvant plaire et convenir également à Vadolescence et à l'âge mûr^.

On le reconnaîtra sans peine, il ne nous était pas permis de placer dans ce recueil le Joli Costume , l'Amant timide, les Modistes hospitalières, les Deux Amours, etc.; et pourtant c'eût été dommage de ne point éditer avec luxe ces chansonnettes si vives et si pimpantes, toujours franches, souvent espiègles, mais « un peu libertines parfois » .

Les bibliophiles curieux, les gourmets littéraires, partisans delà belle humeur, nous sauront sans doute gré d'avoir réuni, à leur intention, les Chansons de Moreau en un coquet volume elzévirien qui se casera aisément, à portée de la main, dans leurs chères bibliothèques.

Plein d'éclats de rire, de câlineries juvéniles et de baisers sonores, ce petit livre montre le poète sous un jour tout spécial. — Adieu les découragements et la tristesse! Il n'est plus question, grâce au Ciel, de souffrir ni de mourir. Ici l'on aime ! — Et, à part quelques jolies romances, mélancoliques et tendres.

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