IV INTRODUCTION
quelques chansons politiques et satiriques d'un vif accent, et un chant funèbre, qu'il nous a semblé opportun de reproduire comme contraste, le lecteur ne rencontrera guère dans ces pages alertes que les folles espérances et les refrains délicieux de la vingtième année.
La nature si impressionnable d'Hégésippe Moreau explique à merveille la grande variété de ses productions. — Aujourd'hui le temps est sombre, la souffrance physique et niorale a envahi le logis, où la misère régnait déjà. Hélas ! les déceptions se succèdent... et la Muse dicte une navrante élégie au pauvre solitaire. Le lendemain, voici tout à coup un chaud rayon de soleil^ des oiseaux gazouillent sur l'humble toit ; l'espérance, déployant ses ailes d'azur, accourt chasser la fièvre et l'anxiété ; l'amitié frappe bruyamment à la porte mal close, ou bien c'est l'amour qui, d'un pas agile, monte, insoucieux et mutin, l'étroit et noir escalier... Tout aussitôt nait une chanson joyeuse !
L'œuvre de Moreau est vécue; elle résume l'émouvante histoire d'une trop courte existence : voilà le secret de son durable succès. On rit volontiers avec le poète, en ses rares moments d'illusion réconfortante et de franche gaieté ;' on s'attriste avec lui quand