LA MARJOLAINE
A monsieur Jacques Bouché.
0 gué ! 0 gué !
0 gué ! la marjolaine !
C'est la chanson Des enfants de la plaine.
Ogué! Ogué!
0 gué! la marjolaine!
C'est la moisson!
C'est la moisson!
Holà, les gars ! le vieux coq chante, Holà ! qu'on attèle les bœufs !
Les trésors que la terre enfante Vont faire ployer les essieux.
Hé Ion, Ion là!
Belles des belles.
Gaiement nous voilà revenus, Pour couper les gerbes nouvelles, La faux en main et les bras nus.
0 gué ! 0 gué !
0 gué! la marjolaine! etc..
Qu'on mette à la grosse charrette Les deux bœufs roux en limoniers, Les gerbes qui courbent la tête Seront ce soir dans nos greniers.
Hé Ion, Ion là!
Dans la prairie, Si le soleil chauffe trop fort.
Qu'on n'ait pas peur de la pépie, La gourde est pleine jusqu'au bord!
0 gué ! 0 gué !
0 gué! la marjolaine! etc..
On fauche et la caille babille Les premiers mots de son réveil, La gerbe tombe et la faux brille Gomme un miroir en plein soleil.
Hé Ion, Ion là!
Les moissonneuses Portent les gerbes en chantant, Le bon fermier donne aux glaneuses Et les bœufs tirent en soufflant !
0 gué! 0 gué!
0 gué! la marjolaine! etc..
Holà! des bras et coupons ferme!
Lions, fauchons jusqu'à la nuit.
Ce soir en rentrant à la ferme Je promets de saigner un muid.
Hé Ion, Ion la!
Ouvrons les granges Pour entasser les blés nouveaux, Et dès demain, jusqu'aux vendanges, Nous ferons siffler les fléaux.
0 gué ! 0 gué !
0 gué! la marjolaine! etc..
Votre journée est bien remplie, Mais, halte-là, les travailleurs; Avant de quitter la prairie.
Moissonnons chacun dans nos cœurs.
Hé Ion, Ion là!
Tous à la ronde.
Les bras nus et la faux en main, Saluons la terre féconde, La nourrice du genre humain !
0 gué ! 0 gué !
0 gué! la marjolaine!
C'est la chanson Des enfants de la plaine.
0 gué ! 0 gué !
0 gué! la marjolaine!
C'est la chanson
De la moisson!
Ermont, 1865.
Musioue de Paul Hcnrion. — Éditeur : M. A. Leduc, 3, rue do Graramont, Paris.