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MON MARTEAU

A Carjat.

Un, deux, trois, quatre!

Pour battre Le fer quand il est chaud, 11 ne faut pas être manchot.

Un, deux, trois, quatre!

0 mon marteau,

Avec ce manche,

Vous voilà beau Gomme mes gamins le dimanche !

Ah ! vous n'êtes pas un outil

De petit maître, Et vous valez, dans tout votre être,

Mieux qu'un fusil...

Un, deux, trois, quatre!

Pour battre, etc.

Oh! dépêchons, Mon camarade, Et turbinons : Ça vaut mieux que d'être malade.

Faut des biceps et le restant

Quand on a charge :

Nos six gars ont l'estomac large,

Vas-y gaîment !

Un, deux, trois, quatre !

Pour battre, etc.

Voici le froid,

Et l'autre année,

Il faut de droit Remettre à neuf la maisonnée.

Faut une robe, et cœtera,

A la bourgeoise.

Montrons qu'on n'est pas de Pontoise,

Forgeons tout ça!..

Un, deux, trois, quatre!

Pour battre, etc.

Mais, c'est égal,

Le cœur m'en tremble!

Qu'on a de mal A mettre les deux bouts ensemble, Quand faut trouver pour le loyer.

Pour la buvette, Tout ça, sans faire un sou de dette

Dans son quartier.

Un, deux, trois, quatre! Pour battre, etc.

Mais un bobo

A la marmaille,

Qu'un lumbago Me couche neuf jours sur la paille, Bédame! on s'aime, et, supposez

Une seconde Qu'il faille madame Tirmonde,

C'en est assez!..

Une, deux, trois, quatre!

Pour battre, etc.

Pas de grands mots

De rhétorique.

Nos six marmots Veulent du pain, c'est la logique, La logique d'un temps nouveau

Et des vrais hommes :

Un jour, on verra qui nous sommes,

0 mon marteau!

Un, deux, trois, quatre !

Pour battre Le fer quand il est chaud, Il ne faut pas être manchot.

Un, deux, trois, quatre!..

Londres, 1873.

Éditeur : M. Basscrcau, 240, rue Saint-Martin, Paris.

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