‹ ChansonsChapitre 77 sur 105 · LE SONNEUR DE MADRID · texte numérisé non relu

LE SONNEUR DE MADRID

Au citoyen J. Bonifay.

Bandes noires, videurs de poclies, Noyez-vous dans vos bénitiers.

Au pays des gais muletiers, La liberté se pend aux cloches.

Ah! ah!

Noyez-vous-y donc!

Din don.

La liberté sera marraine Des poupenotsnés en cctemps.

Elle en avait un tous les ans :

C'est bien dommage pour la reine.

Ah! ah!

Baptisez-les donc!

Din don.

Les rois auront beau se défendre, Nous leur ferons toujours la loi .

La grosse reine est sans emploi :

Encore une couronne à vendre.

Ah! ah!

Mais venez-y donc!

Din don.

Gobeurs d'hostie et d'eau bénite, Cafards dorés, gens à plumets, Mangeurs d'impôts, pitres, valets Qui prenez la femelle au gîte...

Ah! ah!

Déménagez-donc !

Din don.

Le peuple est la grande canaille Qu'on corrige à coups de bâton.

Et, si l'on en croit les dit-on, Sa colère est un feu de paille.

Ah! ah!

Eteignez-le donc !

Din don.

Si nos voisins, fiers d'une époque Qu'on appelle quatre-vingt-neuf.

Essayaient de remettre à neuf Leur pavillon qui tombe en loque...

Ah ! ah !

Que l'on rirait donc !

Din don.

Ce n'est pourtant pas difficile De rester le maître chez soi :

Quand le peuple se fâche, un roi Ça fait son bagage et ça file...

Ahl ah!

Souvenez-vous donc !

Din don.

Vous avez ri de nos poètes :

Mais ces amoureux du soleil Vous ont prouvé par leur réveil Qu'ils ne craignaient pas les tempêtes.

Ah ! ah !

Réveillez-vous donc I

Din don.

On peut chanter des sérénades Aux belles "qu'on attend le soir, Ça n'empêche pas de savoir Danser aux sons des fusillades.

Ah ! ah !

Imitez-nous donc !

Din don.

La liberté rend la jeunesse :

Sonnons, sonnons à tour de bras Pour étouffer tous les sabbats Des cloches qui sonnent la messe.

Ah ! ah !

Carillonnez doncl Din don.

Amen pour la sainte boutique !

Je suis fort comme trois géants Depuis un mois que je me pends Aux cloches de la République !

Ah ! ah !

Ecoutez-les donc !

Din don.

Pai-is-Montmavtrc, 1868.

Éditeur : M. Bassoroau, 2i0, rue Saint-Martin, Paris.

On SG souvient des événements qui éclatèrent on Espagne en 1868 et à la suite desquels la reine Isabelle et ses Marlbris durent prendre la poudre d'escampette.

Malheureusement, les prophéties de mon sonneur ne se sont pas réalisées. Un autre Alphonse a remplacé les Marforis.

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