‹ ChansonsChapitre 78 sur 105 · TOINON-CABOCHE · texte numérisé non relu

TOINON-CABOCHE

Au docteur Goisct.

Figurez-vous une marmotte Rouge comme le vrai drapeau, Une paupière qui clignote Et du sang jaune sous la peau.

Voilà Toinon-Gaboche Qui se traîne clopin-clopant, Et qui n'a même pas en poche Les cinq sous du vieux juif-errant.

Un front creusé comme une ornière, Sur les tempes trois cheveux blancs.

Des yeux qui pleurent la misère, Une joue et des trous dedans.

Voilà Toinon-Gaboche Qui se traîne clopin-clopant.

Et qui n'a même pas en poche Les cinq sous du vieux juif-errant.

Un menton maigre, osseux qui danse La Carmagnole avec le nez, Un dos en forme de potence Et les deux genoux couronnés.

Voilà Toinon-Caboche Qui se traîne clopin-clopant, Et qui n'a môme pas en poche, Les cinq sous du vieux juif-errant.

Une voix triste et nasillarde, Pleurant des ah! et des hélas!

Une vieille enfin qu'on regarde En hurlant : Ça ne se doit pas!

Voilà Toinon-Caboche Qui se traîne clopin-clopant :

Prudhomme, gras comme une loche, Boit, mange, chasse et vit content.

Paris-Montmartre , 1 882 .

Editeur : M. Bassereau, 240, rue Saint-Martin, Paris.

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