‹ ChansonsChapitre 84 sur 105 · LA BALLADE DU PAUVRE · texte numérisé non relu

LA BALLADE DU PAUVRE

A Charlotte Pjiiliu.

Bonsoir, bonne fermière,

Bonsoir à vos petiots,

Bonsoir au grand Jean-Pierre,

Amour et bon repos.

Mais dans votre demeure A-t-on quelque chagrin, ou bien.

Pourquoi si l'on n'a rien.

S'est-on couché de si bonne heure?

Bien las de la journée.

Je venais, bonnes gens,

La bouche enfarinée,

Souper à vos dépens.

A votre bonne table.

Tous les lundis je viens m'asseoir,

Et pourquoi donc ce soir Oubliez-vous le pauvre diable?

Vos petits gars, ma mie.

N'aiment-ils plus autant Le pauvre Jérémie Qui les berce en chantant?

M'ont-ils gardé rancune Parce qu'un soir je leur ai dit

Que j'étais trop petit Pour aller décrocher la lune?

Je voulais, après boire, Vous conter en chantant La longue et vieille histoire Du pauvre Juif-errant.

Dans cette nuit sans voile,

A part qu'il fait un froid de loup, Faut-il, comme un hibou,

Que je chante à la belle étoile?

J'entends, bonne fermière, Les cris de vos marmots :

Le vieux porte-misère A troublé leur repos.

Et vous venez joyeuse

Ouvrir à votre vieil ami...

Ah! fermière, merci!

Soyez heureuse, bien heureuse !

Juvisj', 1865.

Éditeur : M. Labbé, 20, rue du Croissant, Paris.

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