CE QUI NE ME SURPREND GUÈRE ET CE QUI M'ÉTONNE
VAUDEVILLE
Air: Mon père était pot.
Qu'un mot que Panard a traité,
Pour charmer le vulgaire , Soit partout chanté , répété , Ça ne me surprend guère :
Mais de bonne foi , Comme étant de moi , Que sans pudeur j'entonne Le même sujet, Le même couplet, Voilà ce qui m'étonne.
Qu'un intrigant ou qu'un pied plat
Obtienne, pour se taire, Quelque grand emploi dans l'État,
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Ça ne me surprend guère ;
Mais que ses amis,
A sa table admis.
Pensent que sa personne
Se souviendra d'eux,
S'ils sont malheureux, Voilà ce qui m'étonne.
Qu'un bon homme de cinquante ans
Avec du numéraire, Prenne une femme à son printemps.
Ça ne me surprend guère ;
Mais que le barbon,
Plus béte que bon , Dise que la friponne
Paîra son amour
D'un peu de retour, Voilà ce qui m'étonne.
Qu'un riche de bon acabit,
Que le mérite éclaire, Ne regarde pas à l'habit, Ça ne me surprend guère ; Mais qu'un parvenu, Que j'ai vu tout nu , !Ne reçoive personne
Sans l'habit brodé ,
Sans le ton guindé ,
Voilà ce qui m'étonne.
Que Martin, que Mars et Talma,
Quand l'été nous atterre,
Nous délaissent par-ci par-la ,
Ça ne me surprend guère ;
Mais que tel chanteur,
Ou que tel acteur, Qui voyage en automne,
Ne soit pas après
Criblé de sifflets...
Voilà ce qui m'étonne.
Lorsque l'on commence un repas,
Si l'on fait bonne chère , Qu'on mange et qu'on ne parle pas, Ça ne me surprend guère ; Mais quand on nous sert, Un brillant dessert, Quand la liqueur est bonne...
Qu'on puisse rester Sans boire et chanter, Voilà ce qui m'étonne.
CllANSOiSS