‹ ChansonsChapitre 17 sur 92 · LA VIE · texte numérisé non relu

LA VIE

Air : Toute la nuit quand je sommeille.

Lorsque l'homme entre dans le monde, L'espérance enivre son cœur; Tout lui sourit, tout le seconde, Il ne rêve que le bonheur.

Si la Raison lui dit : « Sois sage, » L'Amour lui dit qu'il a vingt ans.

Les fleurs cachent la faux du temps, Quand on commence le voyage.

Brillant de force et de jeunesse, Il n'écoute que ses désirs, Et dans la coupe de l'ivresse, Il savoure mille plaisirs ; Sans soupçonner les jours d'orage De tous ces biens il prend sa part; Et dit : « Nous compterons plus tard; « Je suis au milieu du voyage ! »

I)F. BRAZIRK.

Mais, dès qu'il a la cinquantaine,

Tout change, hélas! autour de lui;

Sa inarche devient incertaine,

Aux plaisirs succède l'ennui ;

Et détrompé, selon l'usage,

Sur l'amour et sur l'amitié:

« Quoi! dit-il, d'un air effrayé,

« J'ai fait les trois quarts du voyage? »

Oubliant dans la solitude

Les beaux jours qu'il a vu finir,

Sur le travail et sur l'étude

Il se fonde un doux avenir.

Oui, mais quand l'homme arrive à l'âge

Où l'on peut penser et sentir,

Tout bas le temps vient l'avertir

Qu'il est à la fin du voyage.

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