LES MASQUES
Air: C'est bien le plus joli corsage.
J'aimais beaucoup ce vieil usage,
Où, dans le temps du carnaval,
Chacun se masquait le visage,
Pour courir la ville et le bal;
Mais, convenons-en à la ronde,
Si cette mode revenait,
Il faudrait dire à trop de monde : (Ois.)
« A bas le masque ! on vous connaît, (bù.)
u On vous connaît, " A bas le masque ! on vous connaît. » (bi.\
« Arrivez donc, qu'on vous embrasse,
« Me dit le sensible Clément.
« Enfin , vous avez une place,
« Je vous en fais mon compliment.
" Je fus heureux , je vous le jure,
18 GHAHSONS
" Quand j'ai su qu'on vous la donuail ; « Vous le voyez sur ma figure... »
A bas le masque ! on vous connaît,
On vous connaît, A bas le masque! on vous connaît.
O vous! qui de la politique N'avez fait qu'un long carnaval, De changer un peu de tactique , Messieurs, vous ne feriez pas mal.
On vous a vu porter en France Certain talon, certain bonnet...
Et vous parlez d'indépendance!...
A bas le masque! on vous connaît,
On vous connaît, A bas le masque ! on vous connaît.
Mais vous surtout, jeunes Françaises,
Que nous voyons à l'Opéra ,
Mises en Russes, en Anglaises,
De vous l'amour se vengera.
Ce Dieu, qui suit partout vos traces.
En public vous dira tout net :
« On ne déguise pas les Grâces ;
« A bas le masque! on vous connaît .
« On vous connaît, » \ bas le masque ! on vous connaît. »
C'est un carnaval que la vie; Nous avons beau tous nous masquer , La Parque, au gré de son envie, Sait toujours bien nous remarquer.
Qu'on soit sous l'habit d'un génie Ou sous la veste d'un benêt; Quand l'heure sonne, elle nous crie :
« A bas le masque! on vous connaît,
« On vous connaît, « A bas le masque! on vous connaît.