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LES COMPENSATIONS

DE M. AZA1S.

Aia : Tout le long de la rivière.

O vous qu'un rien vient tourmenter , Cessez donc de vous lamenter; Monsieur Azaïs, dans son livre, Veut qu'à l'espérance on se livre, Et prouve d'un ton doctoral Que le bien n'est pas loin du mal.

Or, ici-bas, malgré tout ce qu'on pense, Vous verrez, messieurs, comme tout se compense, Vous verrez comme tout se compense.

Depuis qu'il a cent mille écus, Le pauvre Orgon n'existe plus !

Hélas !... pour lui rien n'a de charmes, 11 veille au milieu des alarmes; Moi je n'ai pas un sou comptant,

t" CHAMSINS

Mais je dors et je vis content.

Or, ici-bas, malgré tout ce qu'on pense, Vous voyez, messieurs, comme tout se compense, Vous voyez comme tout se compense.

Époux d'une jeune beauté, Charles craint la paternité; Aussi va-t-il, à la sourdine, Faire un poupon chez la voisine , Pendant qu'un garçOn sans pilié...

Fait deux jumeaux à sa moitié.

Or, ici-bas, malgré tout ce qu'on pense, Vous voyez, messieurs, comme tout se compense, Vous voyez comme tout se compense.

Un huissier, par trop exigeant, Reçoit des coups et de l'argent; Mon drôle dit : « Je tiens ma somme, «Peu m'importe que l'on m'assomme, « Car on aurait pu me rosser, « Et ne jamais me rembourser. »

Or, ici-bas, malgré tout ce qu'on pense, Vous voyez, messieurs, comme tout se compense, Vous voyez comme tout se compense.

Folliculus, toujours vénal , Répand le fiel dans son journal;

Tantôt il déchire Voltaire, Tantôt il dénigre Molière, Mais il dit un bien infini...

Des animaux de Franconi!...

Or, ici-bas, malgré tout ce qu'on pense, Vous voyez, messieurs, comme tout se compense, Vous voyez comme tout se compense.

Cléon, curieux s'il en fût, Me mène hier à V Institut; En bâillements, là je m'épanche, Mais voulant avoir ma revanche , Crac , sous mon bras je prends Cléon Et je le mène à YOdéon...

Or, ici-bas, malgré tout ce qu'on pense, Vous voyez, messieurs, comme tout se compense, Vous voyez comme tout se compense.

Pour la santé l'on ne doit pas Faire toujours de bons repas; Aussi , je change de cuisine, Et, pour me bien porter, je dîne Un jour chez un gros électeur, Le lendemain chez un auteur.

Or, ici-bas, malgré tout ce qu'on pense, Vous voyez, messieurs, comme tout se compense.. Vous voyez comme tout se compense.

DEDALE ET ICARE.

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