‹ ChansonsChapitre 60 sur 92 · POT-POURRI · texte numérisé non relu

POT-POURRI

Imitation burlesque d'une Métamorphose d'Ovide.

Air: Contentons-nous d'une simple bouteille.

Depuis dix ans qu'il était dans la Crète, Le bon Dédal' ne se plaignait jamais.

Enfin, un jour son fils leva la crête... Et dit : « Papa, nous somm's de fiers benêts! «Il faut, enfin, changer not' destinée : «Pour moi j'suis las d'bâiller éternell'ment, «Et s'ennuyer tout le long d'une année... « Vous conviendrez que c'n'est guère amusant.»

Ain: Vaudeville du Petit Courrier.

« Minos nous retient dans ses fers, « Comme des prisonniers de guerre :

« On n'peut pas se sauver par terre , « On n'peut pas se sauver par mers.

. Papa, dans cette conjoncture, « Comm' décamper est l'essentiel , « Je crois qu' la route la plus sûre < Est de nous sauver par le ciel. »

Air : J'arrive à pied de province.

Dédale se mit à rire

Et lui dit : « C'est bien ; « Donn' moi des plum's et dia cire.

« Et n'te mêT de rien.

« Pour les inventions nouvelles

« J'suis un Cadet D'vaux ; « Et j'vas t'fabriquer des ailes

« Qui s'ront aux oiseaux. »

L'jeun' Icar' , trouvant assez drôles

L's'ail's que son pèr' fit en peu d'temps,

S'dit : « Avec ça sur les épaules ,

« TSous aurons l'air d'deux cerfs-volants.

« J'trouv' vos découvertes très belles ;

« Mais quoiqu' je n'manquions pas de cœur

« Entre nous, mon papa, j'ai peur

« D'être le dindon de vos ailes. »

Air : Bonjour Jonc , l'ami Vincent,

Dédale, sans l'écouter,

Vous l'empogn' par les bretelles ,

Et commenc' par y ajuster

Sur les épaul's s'un' pair' d'ailes ,

L'fîls, qu'était si bon qu'il en était sot.

Se laisse harnacher sans souffler un mot;

Et l'papa tout fier coupant les ficelles , Lui disait : « Tu n'as « Plus qu'à r'muer les bras;

« Ça te va-t-il bien (ter.), ça n'te bless't'v pa

Air: D'une amante abandonnée.

Quand ii vit de c'te manière Son pauvre enfant fagolté , Dédale s'mit en prière , Et disait avec bonté :

« Quoiqu'il soit bien téméraire, « Dieu , s'condez l'projet que j'fis; « Exaucez le fils et l'père, « Au nom du Père et du Fils! »

Air de l'Amour filial.

«Envole-toi, mon cher enfant; « Tu seras heureux , je l'espère;

Car des obslacl's qu'lui lève un bon père; Un tendre fils est toujours triomphant.

« — J'obéirai, papa Dédale;

« Et quand méra' vot' projet s'rait fou... J'veux vous prouver, en me cassant le cou.

« Tout' ma piété filiale. >• [bis.)

Air : Toto ,Varabo.

« De ton obéissance,

« Mon fils, j'suis tout-à-fait

« Satisfait , « Et pour ta récompense, « Partout tu me verras , a M'entendras;

« Mais comme pour toi,

« En ce jour d'effroi, « Je crains plus d'un écueil...

« Je te suivrai (ter.) de l'œil. »

Air : Des fraises.

« Dans un appareil « Pareil, « Queuqu'fois y faut qu'on r'cule « Si tu veux suivre un conseil , « N'vns pas trop près du soleil ; « Ça brûle. » ( ter.)

CHANSONS Air: Hantieion, vole, vole, vole.

« Mon enfant, vole, vole, vole, « Prends garde d'faire une école...

« Fais ta prière à Eole ,

« Vole, vole, vole,

« Vole, vole, vole. »

Air : Servantes, quittez vos paniers.

Icar' commence à s'essayer,

C'est l'usage ordinaire; Car il avait de ce métier

L'apprentissage à faire.

Tantôt au ciel montant soudain, Il volait comme Garnerin ; Tantôt comme monsieur Deglien

Il volait ventre-à -terre.

Air du Galoubet.

« Tu vas trop bas,

« Tu n'vol'ras pas , »

Lui criait son père

En colère.

« Voyez à présent le nigaud...

. Il est à deux cents pieds de terre.

« Ah ! malheureux ! ah ! téméraire !... « Tu vas trop haut. » ( ter.)

Air de la ronde de la Ferme et le Château.

N'ayant plus rien qui l'contre-carre, Il s'élève ainsi qu'un ballon; Et faut voir comme Icare S'carre, Tantôt en larg', tantôt en long; (bis.) Animé d'une ardeur nouvelle, Il criait, en battant de l'aile :

« Montez donc, papa, montez donc, « Ah! mon Dieu ! comm' la vue est belle !. « Montez donc, papa, montez donc... »

(Mais l'pèr' n'était pas si dindon).

Air : Il e'tait une fillette.

Derrière un épais nuage L 'soleil, qui s'était caché, Parvient à force d'courage A s'faire un p'tit débouché...

En même temps

Ses feux ardents

Fondent la cire Des ail's du pauvr' sire.

OH AN SON S A c't'accident ne songeant pas, La machin' manque, et... patatras!...

Vlà mon malin, comme un Colas, Qui dégringol' du haut en bas. (ter.)

Air : Je vous comprendrai toujours bien.

Icar' ne reparaissant pas ,

Son pèr' l'appelle et se tourmente;

Mais v'ià qu'il aperçoit , hélas !

En l'air mainte plume flottante...

« Ah! dit-il, mon fils est perdu!...

« Si j'en crois mes tristes alarmes!...

« Ses deux ailes auront fondu... »

Et le honhomm' fondait (bis.) en larmes.

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