‹ ChansonsChapitre 77 sur 92 · EN REPONSE A LA CHANSON QU IL M A ADRESSEE A BEAUNE · texte numérisé non relu

EN REPONSE A LA CHANSON QU IL M A ADRESSEE A BEAUNE

Aïr : Vaudeville des Scythes.

Vos chants joyeux, mon cher confrère, M'ont trouvé sans verve et sans voix ; Par dépit, remplissant mon verre De notre vieux nectar Beaunois , En votre honneur j'ai bu trois fois !... C'est à bon droit que chez vous on le prône, Comme chez nous on prône vos écrits ;

(l) On a déjà lu plus haut des couplets de Desaugiers en réponse à ceux que je lui avais adressés sur sa convalescence. J'imprime avec le même plaisir les couplets d'Armand Gouffé. A part Se petit amour-propre de chansonnier, je pense que les souscripteurs m'en sauront gré. Les noms d'Armand Gouffé et de Desaugiers sont de vieilles connaissances que l'on est toujours heureux de rencontrer dans un volume de chansons.

Note de l'Auteur.

iG CHANSONS

Si nous faisons de fort bons vins à Beaune, Les bons couplets ne se font qu'à Paris.

Les vers que Bacchus vous inspire

Auraient suffi , joyeux luron ,

Pour rajeunir ma vieille lyre,

Sans votre appel au gros patron ,

Le caustique et malin Piron; S'il désirait un gosier long d'une aune, Lorsqu'il venait dans nos heureux pays, C'est qu'en buvant il s'inspirait à Beaune, Mais il rimait ses couplets à Paris.

Pour moi, qui suis vieux comme Hérode,

( Du moins en style chansonnier )

D'Horace j'ai suivi le code,

Et me transformant en rentier,

Tai mis Pégase au râtelier; Quand j'ai quitté la Seine pour la Saône, Sur mon drapeau ces mots étaient écrits : « Vieux chansonniers, courez trinquer à Beaune; ■ Jeunes, buvez et chantez à Paris. »

Armand Gouffé.

Beaune , le 29 novembre 1834.

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