LES ROIS
Air : Dans la paix et l’innocence.
Pa r moi , je le sens d’avance , Les rois seront mal traites;
Car la moindre négligence Insulte à leurs majestés.
Bon Panard, toi seul es l’homme Dont l’esprit de bon aloi Nous eût, en vrai gastronome, Offert un morceau de roi.
Accourez , vous que dévore Le besoin de dominer;
L’heureux jour qui vient d’éclore Pourra tous vous couronner.
Enfin , vos sublimes rêves S’accompliront une fois;
Car uu seul boisseau de fèves Va peupler Paris de rois. (ôâ.)
La grandeur enivre et gâte Le cœur de maints potentats ;
Les nôtres, de bonne pâte,
Sont chéris dans leurs états;
Et simples en leur langage ,
Tous ces monarques bourgeois
Conviennent que sans Lesage
Ils n’auraient pas été rois. {bis.')
Au plaisir toujours fidèles ,
Ils ont pour trône un tonneau ,
Des pâtés pour citadelles,
Pour arsenal un caveau.
Ces princes, au bruit des verrçs Faisant leurs plus beaux exploits ,
Sont dans leurs petites guerres
Gais comme de petits rois. {bis.)
Jour célébré d’âge en âge,
Qu’on voit trop tôt s’écouler,
Les français, par leur courage Ont su te renouveler.
Gmb convives de la gloire , INtfrguerriers ont mille fois Au banquet de la victoire Mangé le gâteau des rois.