LES CHOUX
Air : Vaudeville du Rémouleur et la Meunière.
Ambitieux, aux jeunes filles Plantez le joli mai d’amour;
Plantez des cornes aux vieux drilles, Plantez le piquet à la cour.
Épris d’une vie indolente, .
Chez moi je trouve un sort plus doux, Et je chante: Arrive qui plante;
Il vaut bien mieux planter ses choux.
Sur la naissante Pétronille
Interrogez sa grand’maman :
« C’est sous un chou , ma chère fille ,
« Qu’on t’a trouvée encore enfant. »
Un poupon survient à la belle;
La maman veut savoir par où :
« Eh ! vous le savez bien, dit-elle ;
« Cela se trouverons un chou. >*
Un jeune lapin de garenne S’élance un jour dans un jardin , Dévore des choux par douzaine; ’ Mais crac , on occit mon lapin.
Au lieu de vous mettre en campagne , Jeunes galans , restez chez vous ;
Car vous voyez ce que l’on gagne A courir à travers les choux.
Ce roi, l’idole de la France,
Qui gémissait du moindre impôt, Voulait, dans sa muniiicence,
Que chacun eût la poule au pot.
Mais on a vu ce prince affable , Modeste et simple dans ses goûts , Chez un meunier se mettre à table Pour manger une soupe aux choux.
« C’est mon chou , » disait une femme Qui prit un vieux bouc pour mari;
Je suis l’amant de cette dame,
Et le vieux bouc est mon ami.
A tous deux je crains de déplaire ;
Car de moi chacun d’eux est fou ,
Et je ne puis , dans cette affaire , Ménager la chèvre et le chou.
Panard , dont l'ame était alègre , Savait égayer un repas ,
Et de la chanson la plus maigre Chacun ferait bien ses choux gras.
Pour moi , si mes couplets trop graves N’ont pas le don de plaire à tous , Qu’on en fasse des choux , des raves , Ou bien des ra^s et des choux!