‹ ChansonsChapitre 20 sur 55 · LE MIEUX EST L’ENNEMI DU BIEN · texte numérisé non relu

LE MIEUX EST L’ENNEMI DU BIEN

Ai a : Je loge au quatrième étage, ou : Aux soins que je prends de ma gloire.

Chacun dans sa modeste sphère A ses plaisirs et ses ennuis ; *

Je ne vois rien de mieux à faire

Que de rester comme je suis.

Qui veut s’élever perd sa place; Qui veut s’enrichir perd son bien ; / Portons chacun notre besace :

Le mieux est l’ennemi du bien.

J’avais une petite aisance,

Je savais borner mes désirs ;

Mais tout-à-coup de l’opulence Je veux savourer les plaisirs.

Le jeu, les tontines, la banque, Semblent m’en offrir le moyen;

Je risque tout, et tout me manque :

Le mieux est l’ennemi du bien.

Voisin, parent, ami, maîtresse, Jusqu’à ma servante Babet,

Tout me quitta dans ma détresse , Tout, hormis un pauvre barbet.

J’avais cru trouver dans le monde Un meilleur ami que mon chien ; Chacun me trahit à la ronde :

Le mieux est l’ennemi du bien.

Fillette plus tendre que sage Charmait et mon cœur et mes yeux; Mais je crus que le mariage Me rendrait encor plus heureux :

Avec femme vive et jolie Je formai le plus doux lien,

Et dieu sait comme je m’ennuie !

Le mieux est l'ennemi du bien.

Quoique d’une faible structure, Faisant bien mes quatre repas ,

Je reprochais à la nature De ne m’avoir pas fait plus gras ; Pour m’arrondir comme tant d’autrt j, J’appelai certain Galien ,

Qui manqua m’envoyer aux peautres :

Le mieux est l’ennemi du bien.

Le gousset plein, la panse ronde,

Je me forge encor des soucis :

Je veux partir pour l’autre monde, J’espère aller en paradis ;

Mais, près de finir ma carrière, Comme je suis un franc vaurien ,

De Satan je vois la chaudière...

Le mieux est l’ennemi du oien.

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