AUTANT EN EMPORTE LE VENT
Air : Tenez, moi je suis un bon homme.
On blâme notre humeur grivoise : Midas prétend y mettre un frein ; Mais le plus sombre s’apprivoise,
Et répète un joyeux refrain :
Ne craignons pas que l’on recueille Les sottises qu’il dit souvent; Puisqu’un journal n’est qu’une feuille.
Autant en emporte le vent.
bis.
Nargue des Filles de mémoire!
Leur encens est un bien fatal.
Leurs louanges un vain grimoire , Et leur temple un vaste hôpital.
Une frivole renommée Occupe-t-elle un bon vivant?
La gloire n’est qu’une fumée; Autant eu emporte le vent.
Jadis modestie et noblesse ,
Au bal précédaient le plaisir;
Mais la mode aujourd’hui les blesse, Le désordre suit le désir.
Contre les lois de la décence Nos nombreux zéphirs s’^evant,
De- la pudeur, de l’innocence... .
Autant en emporte le vent.
Gertrude au déclin de son Age Cache , par des moyens divers ,
Les sillons que sur son visage Trace la bise des hivers;
De blanc, de rouge, à fortes dqses, Elle les plâtre en se levant;
Mais de ses lis , mais de ses roses Autant en emporte le vent.
A prix d’or, à force d’intrigue Damis à la cour est placé;
Par son crédit et par sa brigue Bientôt chacun est éclipsé;
Mais le souffle impur de l’envie Détruit les honneurs qu’on lui vend:
Ainsi des grandeurs de la vie Autant en emporte le vent.
Amis , tous les mois chez Balaina
Maugeons à pçrdre l’appétit;
Rions, chantons à perdre haleine
Et buvoiwà perdre l'esprit*
Fêtons tous le dieu de Cythère, Perdons la vie en le servant :
•Des autres plaisirs sur la terre Autîfïit en emporte le vent.