‹ ChansonsChapitre 24 sur 55 · AUTANT EN EMPORTE LE VENT · texte numérisé non relu

AUTANT EN EMPORTE LE VENT

Air : Tenez, moi je suis un bon homme.

On blâme notre humeur grivoise : Midas prétend y mettre un frein ; Mais le plus sombre s’apprivoise,

Et répète un joyeux refrain :

Ne craignons pas que l’on recueille Les sottises qu’il dit souvent; Puisqu’un journal n’est qu’une feuille.

Autant en emporte le vent.

bis.

Nargue des Filles de mémoire!

Leur encens est un bien fatal.

Leurs louanges un vain grimoire , Et leur temple un vaste hôpital.

Une frivole renommée Occupe-t-elle un bon vivant?

La gloire n’est qu’une fumée; Autant eu emporte le vent.

Jadis modestie et noblesse ,

Au bal précédaient le plaisir;

Mais la mode aujourd’hui les blesse, Le désordre suit le désir.

Contre les lois de la décence Nos nombreux zéphirs s’^evant,

De- la pudeur, de l’innocence... .

Autant en emporte le vent.

Gertrude au déclin de son Age Cache , par des moyens divers ,

Les sillons que sur son visage Trace la bise des hivers;

De blanc, de rouge, à fortes dqses, Elle les plâtre en se levant;

Mais de ses lis , mais de ses roses Autant en emporte le vent.

A prix d’or, à force d’intrigue Damis à la cour est placé;

Par son crédit et par sa brigue Bientôt chacun est éclipsé;

Mais le souffle impur de l’envie Détruit les honneurs qu’on lui vend:

Ainsi des grandeurs de la vie Autant en emporte le vent.

Amis , tous les mois chez Balaina

Maugeons à pçrdre l’appétit;

Rions, chantons à perdre haleine

Et buvoiwà perdre l'esprit*

Fêtons tous le dieu de Cythère, Perdons la vie en le servant :

•Des autres plaisirs sur la terre Autîfïit en emporte le vent.

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