VLA* C’QUE C’EST QUE D’NOUS
Air: Voulez-vous savoir l’histoire.
Daxs r pauvre siècle où c’que j’sommes, Mes amis dit’ moi,
C’que c’est qu’les femm’ et les hommes, Mais soyons d’ bonn’foi?
Des fripons, des ‘gens honnêtes.
Des sag’ et des fous ,
Des gens d’esprit et des bêtes,
V’ià c’que c’est que d’nous.
En quittant l’sein de not’ mère ,
On nous met dans I’ bec * *
L’ rudiment et là grammaire,
Fore’ latin et grec;
Un vieux pédant nous corrige Et bris’ nos joujous,
IN’ous tourmente et nous fustige,
V’Ià c’que c’est que d’nous.
( iq4 )
On grandit, puis v’ià qu’dans lame C’est un aut’ tintouin ;
On s’ sent tout drôle, on s’enflamme.
L’amour est un b’soin ;
Le garçon et la fillette
Sont tout sens d’sus d’sous,
On s’prend, on s’quitte, on se r’grette, V’ià c’que c’est que d’noift. , .
Las de tout ce r’mu’ménage ,
On veut un bien sûr;
L’garçon cherche un’ fille sage ,
La fdle un homm’ sûr;
Chacun trouve son affaire,
On devient époux ,
Au bout d’ queuq’ mois on est père , V’ià c’que c’est que d’nous.
Quel bonheur d’être en. famille ?
Grâce à nos amis ,
Tous les neuf mois c’est un’ fille ,
Ou ben c’est un fils ; .
Pour eux on économise ,
On met sous sur sous;
Un banquier vous dévalise....
V’ià c'que c’est que d'nous.
Pauvre, on croit que le mérite Se fait distinguer;
Et qu’la fortune revient vite,
Et sans intriguer ;
Les Ceux qui n’font point d’ grimaces, Jeûnont’dans leurs trous;
Les faquins gob’toutes les places,
V’ià c’que c’est que d’nous.
Quand vient c’t’âge qu’on redoute,
C’est un aut’ chagrin ;
La peur du diable et la goutte,
Les prêtr’ et 1’ méd’cin ;
Pour vot’ bien chacun réclame ,
Un’ place près d’vous;
L’un s’charg’ du corps, l’autre d’I’âme.
V’ià c’que c’est que d’nous.