‹ ChansonsChapitre 35 sur 55 · RÉVEILLONS · texte numérisé non relu

RÉVEILLONS

A*n : Du vaudeville de madame Scarron.

Réveillons (bis.) les chastes pucelles.

Silène et Cornus,

Et tous les enfans de Momus ; Réveillons (bis.) l’amour et les belles , C’est assez dormir,

Minuit est l’heure du plaisir.

Banquets de la gourmandise Établis par nos aïeux, *

On rend hommage à l’église,

Tout en sablant du vin vieux.

Vive un repas délectable

Pour mettre tout en bon train.

. Tel se réveille à table

Qui dormait au lutrin.

^ Réveillons , etc. -

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,( IÏO )

Qui fonda ce saint usage,

Si cher à tous les dévots?

Est-ce un prophète? est-ce un sage?

Est-ce un pape? est-ce un héros?

Mon cher, tu bats, la campagne;

Moi je sais qui le créa ; *

C’est le roi de Cocagne ,

Ou c’est Gargantua.

Réveillons (bis.), etc.

Mais qu’importe à notre gloire D’en connaître ici l’auteur ?

- Sachons manger, sachons boire , Nous vaudrons le fondateur.

Gais refrains, vive saillie — Trinquons , chantons et trinquons;

9 Réveillons la folie

Au bruit de nos flacons !

Réveillons, etc.

Voyons-nous à l’audience,

La chicane et les suppôts Être forcés au silence Et condamnés au repos :

Craignons que nos jeux n’éveillent Juges,- greffiers, avocats;

Au moins tant qu’ils sommeillent, Ils ne nous grugent pas.

Réveillons, etc. ‘

Tel qui nous couvre de boue,

En est à peine sorti ;

La Fortune sur sa roue, ^

Le lève encore endormi.

Craignons que nos jeux n’éveillent, Les parvenus d’ici-bas;

Au moins tant qu’ils sommeillent, Ils n’éclaboussent pas.

Réveillons, etc.

Maint Zoïîe cherche à mordre, Prévenons son appétit;

Et, bien repu, c*est dans l’ordre, De la table il passe au lit; Craignons alors qu’on n’éveille Cet émule de Midas ;

Au moins tant qu’ij sommeille,

Il ne nous juge pas.

Réveillons, etc.

Rêvant à de noires trames , Après des succès nouveaux, Maint faiseur de mélodrames Doit dormir sur des pavots; Craignons que l’on ne réveille Cet auteur à grands fracas;

Au moins tant qu’il sommeille Il ne nous endort pas.

Réveillons, etc.

Réveillons l’aimable muse Si chère au joyeux Thespis,

Que sa gaîté nous amuse *

Et ranime nos esprits; ,

Dans mon délire j’oublie,

Qu’on ferait un vain effort Pour réveiller Thalie,.

Puisque Molière dort.

Réveillons, etc.

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