RÉVEILLONS
A*n : Du vaudeville de madame Scarron.
Réveillons (bis.) les chastes pucelles.
Silène et Cornus,
Et tous les enfans de Momus ; Réveillons (bis.) l’amour et les belles , C’est assez dormir,
Minuit est l’heure du plaisir.
Banquets de la gourmandise Établis par nos aïeux, *
On rend hommage à l’église,
Tout en sablant du vin vieux.
Vive un repas délectable
Pour mettre tout en bon train.
. Tel se réveille à table
Qui dormait au lutrin.
^ Réveillons , etc. -
io
,( IÏO )
Qui fonda ce saint usage,
Si cher à tous les dévots?
Est-ce un prophète? est-ce un sage?
Est-ce un pape? est-ce un héros?
Mon cher, tu bats, la campagne;
Moi je sais qui le créa ; *
C’est le roi de Cocagne ,
Ou c’est Gargantua.
Réveillons (bis.), etc.
Mais qu’importe à notre gloire D’en connaître ici l’auteur ?
- Sachons manger, sachons boire , Nous vaudrons le fondateur.
Gais refrains, vive saillie — Trinquons , chantons et trinquons;
9 Réveillons la folie
Au bruit de nos flacons !
Réveillons, etc.
Voyons-nous à l’audience,
La chicane et les suppôts Être forcés au silence Et condamnés au repos :
Craignons que nos jeux n’éveillent Juges,- greffiers, avocats;
Au moins tant qu’ils sommeillent, Ils ne nous grugent pas.
Réveillons, etc. ‘
Tel qui nous couvre de boue,
En est à peine sorti ;
La Fortune sur sa roue, ^
Le lève encore endormi.
Craignons que nos jeux n’éveillent, Les parvenus d’ici-bas;
Au moins tant qu’ils sommeillent, Ils n’éclaboussent pas.
Réveillons, etc.
Maint Zoïîe cherche à mordre, Prévenons son appétit;
Et, bien repu, c*est dans l’ordre, De la table il passe au lit; Craignons alors qu’on n’éveille Cet émule de Midas ;
Au moins tant qu’ij sommeille,
Il ne nous juge pas.
Réveillons, etc.
Rêvant à de noires trames , Après des succès nouveaux, Maint faiseur de mélodrames Doit dormir sur des pavots; Craignons que l’on ne réveille Cet auteur à grands fracas;
Au moins tant qu’il sommeille Il ne nous endort pas.
Réveillons, etc.
Réveillons l’aimable muse Si chère au joyeux Thespis,
Que sa gaîté nous amuse *
Et ranime nos esprits; ,
Dans mon délire j’oublie,
Qu’on ferait un vain effort Pour réveiller Thalie,.
Puisque Molière dort.
Réveillons, etc.