‹ ChansonsChapitre 42 sur 55 · LES BORNES · texte numérisé non relu

LES BORNES

Air : Mon père était pot.

Q u AND on veut traiter un sujet J’aime qu’on le connaisse.;

Qu’un gourmand parle de banquet, Un amant A tendresse.

Qu’un nouveau«Mondor Parle de son or ,

Un mari, de ses cornes;

Pour moi qui suis né ,

L’esprit très-borné ,

Je vais chanter les bornes.

Les bornes nuisent fréquemment Au fou qui court. trop vite ;

Le sage qui va lentement, Détourne et les évite ;

Riche en phaëton ,

Se rit du piéton ,

Celui-ci triste et morne Dit: « Sur ton chemin,

« Puisses -tu , faquin ,

« Rencontrer quelque borne ! »

Le temps met un terme aux amours Ainsi qu’à la folie,

Il met des bornes aux beaux jours Qui parent notre vie ;

D’en mettre aux plaisirs,

Et même aux désirs,

Plus d’un sage nous corne;

Mais pour notre honneur ,

A la bonne humeur Ne mettons pas de borne.

Que l’esprit s’échappe en bons mots , Comme un feu d’artifice,

Et que |e Champagne longs flots Jusqu’au plafond jaillisse.

Que le dieu du vin Préside au festin,

Et que la gaîté l’orne;

Pourtant n’allons pas , Après le repas, - Crier : A moi la borne.

Pour garder sa propriété , Chacun place des bornes , Mais plus d’un voleur effronté * A su franchir les bornes; Comme maintenant Le gouvernement Fait respecter les bornes, Je suis sans maison ,

Mais à ma chanson - Je mets aussi des bornes.

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