LES BORNES
Air : Mon père était pot.
Q u AND on veut traiter un sujet J’aime qu’on le connaisse.;
Qu’un gourmand parle de banquet, Un amant A tendresse.
Qu’un nouveau«Mondor Parle de son or ,
Un mari, de ses cornes;
Pour moi qui suis né ,
L’esprit très-borné ,
Je vais chanter les bornes.
Les bornes nuisent fréquemment Au fou qui court. trop vite ;
Le sage qui va lentement, Détourne et les évite ;
Riche en phaëton ,
Se rit du piéton ,
Celui-ci triste et morne Dit: « Sur ton chemin,
« Puisses -tu , faquin ,
« Rencontrer quelque borne ! »
Le temps met un terme aux amours Ainsi qu’à la folie,
Il met des bornes aux beaux jours Qui parent notre vie ;
D’en mettre aux plaisirs,
Et même aux désirs,
Plus d’un sage nous corne;
Mais pour notre honneur ,
A la bonne humeur Ne mettons pas de borne.
Que l’esprit s’échappe en bons mots , Comme un feu d’artifice,
Et que |e Champagne longs flots Jusqu’au plafond jaillisse.
Que le dieu du vin Préside au festin,
Et que la gaîté l’orne;
Pourtant n’allons pas , Après le repas, - Crier : A moi la borne.
Pour garder sa propriété , Chacun place des bornes , Mais plus d’un voleur effronté * A su franchir les bornes; Comme maintenant Le gouvernement Fait respecter les bornes, Je suis sans maison ,
Mais à ma chanson - Je mets aussi des bornes.