ET CÆTERA
.Air : Le lendemain.
Tous les mois chez Balaine Chez nos amis tous les jours, Chantons à perdre haleine , Et la treille et les amours;
Mais en parcourant la ville , Chansonnons par-ci , par-là,
Le fou , le sot , l’imbécille ,
Et cœtera. ^
Chansonnons cette prude Qui sévère en son maintien , Par ton , par habitude ,
En public rougit d’un rien.
Cette beauté si farouche ,
Dans son boudoir laissera Caresser ses mains, sa bouche, Et cœtera.
Chansonnons ce Protée >
Qui changeant au moindre mot.
Parle comme un athée,
Ou prêche comme un cagot; Grâce à sa ruse admirable,
Pour lui mon coquin auïra Le bon Dieu , les saints , le diable , Et c cetera.
Chansonnons ce poète Qui très-long-temps au rebut, Présente sa requête,
Pour s’asseoir à l’Institut; C’est un auteur très-fertile Qui de ses vers n’en pilla Que de trois à quatre mille, Et caetera.
Chansonnons sans scandale Ce fou cherchant à tout prix Une jeune vestale Dans les foyers de Paris ;
Que de vertus à combattre !
Cette vierge d’opéra *
N’a cju’un amant, deux, trois, quatre, Et c cetera.
Chansonnons sans relâche Ce flatteur, cet intrigant,
Qui se montre ou se cache,
Et tourne selon le vent.
Ce pié-plat vénal et traître , •
Aussitôt qu’on le voudra,
Vendra l’esclave, le maître,
Et cætera.
Chansonnons l’homme sobre Qui blâme nos gais banquets ,
Et qui du jus d’octobre Redoute les doux effets.
Et nous , sablons à plein verre , Pendant qu’il se morfondra, Bordeaux, Champagne, Madère,
Et cætera.