LA QUEUE
Air : Do Vaudeville des Visitandines.
D e Momus disciples fidèles ,
On a tout fait , on a tout dit.
Pour faire des chansons nouvelles,
Il faudrait avoir vôtre esprit, (bis.) Mais j’en suis à plus d’une lieue :
On vous a fait le nez, les yeux;
On vous a fait jusqu’aux cheveux,
Moi je vais vous faire la queue. (bis.)
C’est par les yeux qu’une bergère Jadis déclarait son ardeur;
Un aveu fait avec mystère Présageait de loin le bonheur. (bis.) C’est par le cœur que l’innocence, D’amour commençait le roman ;
Mais c’est par la queue à présent ,
Que toujours le roman commence. (bi$.)
Un vieil avare impitoyable "
Dit à sa femme qu’en tous lieux ,
Par la queue il tire le diable,
Et qu’il est des plus malheureux, [bis.) Quoi ! toujours le diable à ta porte !
Lui répond-elle; va, vaurien,
Puisses- tu le tirer si bien,
\ dttt-
Qu’à la fin le diable t’emporte. (bis.)
On parle d’un loup de théâtre ,
Qui dévore tous les succès,
Et dont le public idolâtre
Applaudit les moindres essais. (bis:)
Dans Paris et dans la banlieue ,
Ses clàqueurs le suivent partout,
Et dès que l’on parle du loup ,
Aussitôt on en voit la queue. {bis.)
Un fat près de chaque fillette,
Fait nuit et jour le chien couchant,
Et s’en va, la queue en trompette, Publier roaintexploit galant. (bis.)
Mais ce toutou des plus ingambes A l’oreille basse par fois ,
Et, près des plus jolis minois,
File la queue entre les jambes. (bis.)
Les premiers enfans d’Épicure Ont su ravir toutes les fleurs ,
Et pour eux l’aimable nature Semblait varier ses couleurs. (bis.) Si ma chanson est un peu bleue,
Après Panard , après Piron ,
Après Favart, après Laujon,
Moi je suis fier d’être à la queue, (bis.)