A M. DE PUS
Air : Ronde de la Ferme et le Château.
De quoi te plains-tu , cher confrère ?
Dis-moi, que peux-tu regretter?
Est-ce l’aveugle aventurière Qui se plaît à nous tourmenter ?
Il te reste une autre fortune, ‘Plus sûre et jamais importune...
N’as-tu pas la santé ,
La gaîté?
Voilà l’apanage
Du sage. m
Les ennuis , les soucis t’ont quitté »
Mais le vrai bonheur t’est resté.
is.)
Qu’as-tu perdu qui soit si rare?
De faux amis, des envieux?
Si de toi le sort les sépare ,
Tu dois en être plus heureux.
Lu bas quand chacun se déchire, A ton aise ici tu peux rire...
N’as-tu pas la gaîté ? etc.
Pourrais-tu regretter des places,
De faux biens, ou de vains honneurs?
Le fou peut mendier des grâces ,
Le fat, marchander des faveurs;
En apprenant à te connaître , Réjouis-toi de ne rien être...
N’as-tu pas la santé ? etc.
Plains-toi de n’être plus en butte Aux sottises de maint pamphlet, D’être étranger à la dispute Sur la charte, sur lé budjet.
Mqp cher Piis, dans ta disgrâce, ^pue de gens envieraient ta place...
N’as-tu pas la santé? etc.
Piis , l’automne de ta vie Vaut les beaux jours de ton été; Par les Muses et la Folie ,
Je te vois toujours escorté.
L’amitié partout t’environne ,
Et tu te plains qu’on t’abandonne...
N’as-tu pas la santé,
La gaîté ?
Voilà l’apanage Du sage.
Les ennuis, les soucis t’ont quitté, Mais le vrai bonheur t’est resté.