CONTRE LES HOMMES
Air : Ça u’ devait pas finir comm’ ça.
T oüt homme est changeant comme un chien Et je crois que l’ meilleur n’en vaut rien (bis.)
Qui n’a pas Connu Laraniée ?
Il aurait fait rire une armée ;
C’ luron si justement loué TN’est qu’un vieux canon encloué Ah ! mon dieu 1 (ter.) comme Le temps change l’homme !
Tout homme, etc.,
Z’ au Porcherons, z’ à la Cour tille ,
Y fsait sauter bouchon et fille :
J’ l’ i donne dans l’œil, v’ là mon gaillard
Qui d’vient gai comme un corbillard.
Ah 1 mon dieu ! (*er.) comme Le temps change l’homme !
Tout homme, etc.
J’ prenons pitié de sa tendresse,
JTépous’ : dam ! faut voir comm’ ça baisse.
V’nez donc juger d’ l’air du bureau,
C’est vingt degrés au d’sous d’zéro ;
Ah ! mon dieu! (ter.) comme L’ mariage change l’homme !
Tout homme, etc.
En r' gardant grossir sti famille ,
C’ fier gars s’tient coi dans sa coquille; Z’on croirait que, l’ pauvre garçon Vous a les corn’s d’un limaçon ;
Ah ! mon dieu ! (ter.) comme L’ z’enfants changent l’homme !
Tout homme, été.
L’ matin tout blême il gronde, il grogne; L’ soir, quand il s’est rougi la trogne,
Il a les yeux d’un albinos ,
Et la douceur d’un* mérinos ;
Ah î mon dieu! [ter.) comme Le vin change l’homme!
Tout homme, etc.
A mon gré j’ le r’tourne et le gouverne :
L’ malheur veut qu’il gagne un quaterne , D’orgueil i s’ gonfl’ comme un ballon ;
I d’ vient colère comme un dindon ; #
Ah ! mon dieu ! (ter.) comme L’argent change l’homme !
Tout homme, etc.
Dans l’ grand monde bientôt i’ s’ lance;
II obtient des places d’importance ;
Pour la richess’ c’est un Phébus ,
Et pour l’esprit c’est un Crésus ;
Ah ! mon dieu ! (ter.) comme L’ z’ honneurs changent l’homme!
Tout homme, etc.
Sa fortun’ passe comme un rêve;
Mon moribond s’dépite et crève :
On flanqu’ c’grand seigneur sur son dos ,
Entre deux gueux, au champ du r’pos.
Ah ! mon dieu! (ter.) comme La mort change l’homme!
Tout homme est changeant comme irn chien, Et je crois que l’ meilleur n’en vaut rien.