L'OISEAU FANTOME
La cantatrice jeune et belle S'éveille au milieu de la nuit.
Qu'a-t-elle entendu ? Ce doux bruit.
Est-ce un chant d'amour qui l'appelle ? Non, c'est un fantôme léger, L'ombre d'un oiseau qui l'éveille, Qui sur son lit vient voltiger, En lui murmurant à l'oreille :
— Pour votre voix docile à mes leçons ) „• Du paradis j'apporte des chansons. j
Je suis l'âme toujours aimante Du rossignol apprivoisé Par vous, et par vous tant baisé.
Qu'il crut voir en vous une amante.
Que j'avais d'ardeur à chanter, Lorsqu'en rêve ou dans l'insomnie Aux longs efforts pour m'imiter Vous mêliez les pleurs du génie !
Pour votre voix docile à mes leçons ) „.
Du paradis j'apporte des chansons, j
> CHJNSONS CHOISIES
Un soir où la foule charmée
Semait des fleurs autour de vous,
Votre singe, démon jaloux,
Ouvrit ma cage bien aimée.
Dans ses ongles me voilà pris.
En ricanant il me déchire.
Votre gloire est sourde à mes cris :
On vous couronne, et moi j'expire.
Pour votre voix docile à mes leçons ) ,,. Du paradis j'apporte des chansons, j
Mais d'ailes mon âme est pourvue.
Invisible à des yeux humains, Du ciel je franchis les chemins.
Pourtant sans vous perdre de vue.
Oh ! que de globes je parcours.
Nefs qui de l'air fendent les ondes ! Que d'hommes, d'oiseaux et d'amours J'entends chanter dans tous ces mondes
Pour votre voix docile à mes leçons J „.
Du paradis j'apporte des chansons, j
Aux plus éclatantes planètes L'homme retrouve ses aïeux.
Sages, héros, saints, demi-dieux, Affranchis de l'ombre où vous êtes.
Plus ils en sont loin, plus s'accroit L'intérêt qu'à leur âme inspire Le destin de ce globe étroit, Humble hameau d'un vaste empire.
DE BERJNGER
Pour votre voix docile à mes leçons ) „. Du paradis j'apporte des chansons, j
L'homme, peuplant l'infini même,
De l'amour doit former les nœuds
Entre ces astres lumineux
Émanés du soleil suprême.
En des temps qui nous sont cachés,
Dieu resserrant son auréole.
Les mondes, enfin rapprochés,
S'éclaireront par la parole.
Pour votre voix docile à mes leçons ) Du paradis j'apporte des chansons, f Bis.
Moi, faible oiseau, je vole encore ; Des miens plus haut j'entends la voix.
Un autre ciel s'ouvre, où je vois Du jour sans fin poindre l'aurore.
Chantres des bois, des champs, des eaux, Forment là des chœurs de louanges.
Dieu permet aux petits oiseaux De le chanter avec les anges.
Du paradis j'apporte des
mes leçons ) „.
Mais l'amour me fait redescendre Vers vous qui m'avez tant pleuré ; Et, chaque nuit, je reviendrai Avec des chants à vous apprendre.
! CHJNSONS DE BERJNGER
Puissent vos accords enivrants,
Qu'à la terre le ciel envie,
Initier les cœurs souffrants
Aux merveilles d'une autre vie 1 Pour votre voix docile à mes leçons ) „. Du paradis j'apporte des chansons, j
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