‹ Chansons; morceaux choisis. Préf. de comte Serge FleuryChapitre 27 sur 70 · LES HIRONDELLES · texte numérisé non relu

LES HIRONDELLES

Captif au rivage du More, Un guerrier, courbé sous ses fers.

Disait : Je vous revois encore, Oiseaux ennemis des hivers.

Hirondelles, que l'espérance Suit jusqu'en ces brûlants climats.

Sans doute vous quittez la France :

De mon pays ne me parlez-vous pas ?

Depuis trois ans je vous conjure De m'apporter un souvenir Du vallon où ma vie obscure Se berçait d'un doux avenir. Au détour d'une eau qui chemine A flots purs, sous de frais lilas.

Vous avez vu notre chaumine :

De ce vallon ne me parlez-vous pas ?

L'une de vous peut-être est née Au toit où j'ai reçu le jour ; Là d'une mère infortunée Vous avez dû plaindre l'amour.

CHJNSONS DE BÉRJNGER 59

Mourante, elle croit à toute heure Entendre le bruit de mes pas ; Elle écoute, et puis elle pleure.

De son amour ne me parlez-vous pas ?

Ma sœur est-elle mariée ?

Avez-vous vu de nos garçons La foule, aux noces conviée, La célébrer dans leurs chansons ?

Et ces compagnons du jeune âge Qui m'ont suivi dans les combats, Ont-ils revu tous le village ?

De tant d'amis ne me parlez-vous pas ?

Sur leurs corps, l'étranger, peut-être, Du vallon reprend le chemin ; Sous mon chaume il commande en maître.

De ma sœur il trouble l'hymen.

Pour moi plus de mère qui prie, Et partout des fers ici-bas.

Hirondelles de ma patrie.

De ses malheurs ne me parlez-vous pas ?

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