‹ Chansons nouvellesChapitre 3 sur 58 · LA GREFFE · texte numérisé non relu

LA GREFFE

Combien peu finissent le révo Qu'enfants ils avaient commencé!

La greffe dirige la sève Hors du chemin qu'on s'est tracé.

Tel était né pour ne rien faire, Sur qui l'on greffe un travailleur; Tel était mauvais et colère, Qu'un bon jardinier rend meilleur.

On a vu plus d'un imbécile Devenir un homme d'Etat.

Tel semblait léger et futile , Qui fut un grave potentat;

Tel avait des instincts d'esclave.

Qui commande dans les bureaux ; Tel autre n'était pas très-brave, Pont l'exemple a fait un héros.

Et pourtant, chacun veut se plaindre Si haut, si haut qu'il soit monté.

Gl'STAVE XADAL'D.

11 ne pense jamais atteindre An ranjj qn'il avait mérité.

Écoutez l'éternel murmure Des arbres et des gens greffes, Qui prétendent que la culture Les a dans le germe étouffés :

u J'avais le goût do la musique, Et je fais des premiers-Paris;

— J'étais né pour la politique.

Et je suis courtier en esprits.

— J'étais né pour avoir des rentes, Et je n'ai que des créanciers;

Au lieu de très-riches parentes , J'ai de très-pauvres héritiers.

— J'étais né pour rester tranquille, Et je hurle an milieu des loups.

— J'étais né pour vivre à la ville.

Et je vis pour planter des cho\ix. n

Ecoutez cette pauvre femme Qui pleure ses anciens succès :

u Je devais être grande dame , Et je fabrique des corsets.

— Je devais, dans la tragédie.

Remplacer Clairon ou Rachel,

CHA\SO\S \OLVELLES.

Et je chante Ma Xormaiidie

A l'angle dii pont Saint-Michel. »

Tout le monde a de ces répliques.

Je voyais un arbre fruitier Charge" d'abricots magnifiques :

Ce doit être un abricotier.

X'on ! Je compris ses infortunes , Qu'il chantait à tous les échos :

u J'étais né pour porter des prunes Et je produis des abricots! d

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