LES DEUX MADELEINES
Berfjrr qui dosccnd romnie moi
Do la monlagno, Où l'en vas-tu par la campagne?
— Je vais an bonrg de Saint-Kloi.
Et foi?
— Je vais au l;arac;ui <le Lahrive?
Sur l'autre rive , Et jusqu'au gué de Saint-Romain \ous suivons le même chemin.
J'aime une fille de la plaine :
Elle se nomme Madeleine.
— La fille qui porte ce nom
Est-elle blonde Comme pas une autre en ce monde?
Reponds sans feinte, compagnon.
— Mais non :
La fille dont je parle est brune
Comme pas une.
— X'est-elle pas de Saint-Eloi?
— Mais non, puisqu'elle est de rbc/ moi.
CHA\SO\S XOUVELLES.
J'aime une fille de la plaine :
Elle se nomme Madeleine.
— As-lu quitté depuis longtemps
Ta fiancée?
— Oui, depuis la Saint-Jean passée.
— Et que fais-tu , depuis ce temps?
— J'attends.
— J'ai vu mourir plus d'iiiie lune
Loin de ma brune.
— Et que fais-tu, depuis ce temps?
— Ce que tu fis : J'attends, j'attends
J'aime une fille de la plaine :
Elle se nomme ^ladeleine.
— La fille qui te regarda
Te sera-t-elle , Après un si long temps, fidèle?
— Puisqu' elle-même s'accorda,
Oui-da.
— Et toi, n"as-tu pas confiance
En sa constance?
— Si je ne le pensais ainsi.
On ne me verrait pas ici.
J'aime une fille de la plaine :
Elle se nomme Madeleine.
Voici bientôt le jour qui fuit; La route grise
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Devant nous devient indécise.
— .Mais une ctnile nous conduit,
La nuit.
— Nous allons, à l'aube prochaine,
Voir Madeleine.
Voici le ;]uc de Saint-Romain.
Adieu, berger. — Demain! — Demain!
J'aime une fille de la plaine :
Elle se nomme Madeleine.
CHAXSOXS \OLVELLES