ISAURE
Air : Rassurei-vous, ma mie.
Sur les genoux de ta mère, Viens, 6 mon petit garçon; Pour te fermer la paupière, Je sais plus d'une chanson.
Viens, le sommeil que j'implore T'assoupira dans mes bras.
— Chantez, chantez encore, Maman, je ne dors pas.
C'est en vain que de ton père Éloignant le souvenir, Je veux , d'une voix légère, Essayer de t'endormir.
Sous cette voûte sonore.
Je crois entendre ses pas, — Chantez, chantez encore, Maman, je ne dors pas.
O mon fils, de ta naissance Que le jour lui parut beau!
Dos couleurs de l'espérance Comme il parait ton berceau !
( 38 ) Mais bientôt la pauvre Isaiirc Pour toi veilla seule, hélas!
— Chantez, chantez encore,
Maman, je ne dors pas.
Pour délivrer sa patrie
Que des méchans opprimaient.
Il courut livrer sa vie,
Tl quitta ceux qui l'aimaient.
Mais que ton enfance ignore
Les crimes des potentats !
— Chantez, chantez encore,
Maman, je ne dors pas.
Jeté dans un vil repaire, Sous d'inflexibles barreaux , Pour partager sa misère, J'allai prier ses bourreaux.
Ces barbares que j'abhorre M'arrachèrent de ses bras.
— Chantez, chantez encore, Maman , je ne dors pas.
Depuis lors dans sa demeure
Il n'est jamais revenu :
Mais quand vient la sixième heure,
J'éprouve un trouble inconnu....
Le tourment qui me dévore
Ne finira qu'au trépas.
— Chantez, chantez encore, "Maman, je ne dor.s pas.
Cent fois j'ai voulu le suivre,-
Mais qui t'aurait protège?
O mon cher fils, tu dois vivre.
Alon
époux sera venge.
Ainsi dit la pauvre Isaure, Et l'enfant répond tout bas :
— Chantez, chantez encore, Maman, je ne dors pas.
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