‹ Chansons nouvellesChapitre 15 sur 80 · MA MARRAINE · texte numérisé non relu

MA MARRAINE

J'avais une marraine, Que mon cœur, que mon cœur a de peine !

J'avais une marraine

Que toujours j'adorai.

Je lui fus consacré

Dans la forêt prochaine.

Que mon cœur, que mon cœur a de peine!

De laurier et de chêne

L'autel était paré.

Je pleure d'y songer:

Enfant, dit ma marraine, Que mon cœur, que mon cœur a de peine! Serai ta souveraine, Et veux te protéger.

Bientôt, pour m'êprouvcr.

Disparut ma marraine.

Que mon cœur, que mon cœur a de peine! Ma recherche fut vaine, N'ai pu la retrouver.

Même on m'a raconté Qu'elle était dans la gêne, Que mon cœur, que mon cœur a de peine! Plaignez ma souveraine Dans la captivité.

Plus de félicité!

Faut que je vous l'apprenne :

Que mon cœur, que mon cœur a de peine! Cette bonne marraine Se nommait Liberté.

LE TOxMBEAU.

Air : Muse des bois , elc.

O voyageur, vois-tu ce mausolée, Qu'ombrage un saul emblème de douleur?

Ils dorment là, sous la pierre isolée.

Quatre Français, moissonnes dans leur fleur. Ainsi l'e'pi sur sa tige légère Tombe frappe' par les vents orageux.

O voyageur, si la France t'est chère.

Pleure avec nous ces héros malheureu.\!

Ils avaient vu cette France embellie De son éclat éblouir l'univers; lis s'indignaient qu'elle fut avihe Par les tyrans issus de nos revers.

De relever sa grandeur tutélaire lis méditaient le dessein généreux.

O voyageur, si la France t'est chère, Pleure avec nous ces héros malheureux!

Oui, disaient-ils, nous reverrons encore La Liberté visiter ses enfans; Et sur nos tours l'étendard tricolore Fera pâlir les esclaves Irembluns :

Mais vain espoir.... accuses par un frcrc, D'un noir cactiot les murs pèsent sur eux. O voyageur, si la France t'est chère.

Pleure avec nous ces héros malheureux!

Au trihuual formé par la vengeance Ils ont paru ces valeureux soldats.

Pour les sauver que pourrait l'éloquence? La voix du crime a prédit leur trépas. A leur destin rien ne peut les soustraire; Patrie, amour, tout est fini pour eux ! O voyageur, si la France t'est chère.

Pleure avec nous ces héros malheureux!

Sur tous les fronts la terreur est empreinte : Vers l'échafaud la balance a penché.

Tous ont frémi dans la fatale enceinte, L'accusateur seul ne fut point touché.

En ce moment, d'un horrible salaire Il repaissait son cœur ambitieux.

O voyageur, si la France t'est chère, Pleure avec nous ces héros malheureux !

O jour de deuil ! il faut qu'il s'accomplisse L'arrêt dicté par la haine des rois!

Calmes et fiers , ils marchent au supplice Comme à la gloire ils allaient autrefois. Ah! c'en est fait.... leur sang rougit la terre. Il produira des vengeurs plus nombreux! O voyageur, si la France t'est chère, Pleure avec nous ces héros malheurcu.x !

Pommier, Raoulx. et Goubia et Boric, JVobles enfans, morts pour la liberté ! Vos noms aimés des fils de la patrie Iront ensemble à l'immortalité.

Pour remonter au séjour de lumière, Enlacez-vous par d'invincibles nœuds!

O voyageur, si la France t'est chère, Pleure avec nous ces héros malheureux. !

fV'V\AAAIVV\(VV\ft/W(VV\rtAAftAA'»rtAAAAA'VAft/VAA'V\(VV\AAA A/V>AAA

Page 1