JEAN-PIERRE
Air : A coups d' pieds, à coups d' poings.
Jean-Pierre est un drôle de corps Qui n'aime pas que les recors Viennent l'assaillir par derrière :
Un jour, en voyant deux sergens, Qui s'avançaient avec leurs gens :
Je n'aime pas Tout ce bruit, ce fracas; Fichez-moi le camp, disait Jean-Pierre.
Certain lundi, Jean-Pierre entra Au parterre de l'Opéra, La troupe chantait tout entière :
Cent choristes, au cœur de fer, Faisaient un tapage d'enfer; Je n'aime pas Tout ce bruit, ce fracas; Fichez-moi le camp, disait Jean-Pierre.
Quand l'étranger nous menaça , Jean-Pierre point ne balança, Vile il courut à la frontière :
Vainement le canon grondait, Et l'arme au bras il répondait :
Je n'aime pas Tout ce bruit, ce fracas; Fichez-moi le camp, disait Jean-Pierre.
Dénonce pour certain propos , Jean Pierre fut mal à propos Traduit au banc judiciaire :
L'avocat, des plus importans, Étourdissait les assistans :
Je n'aime pas Tout ce bruit, ce fracas; Fichez-moi le camp, ilisait Jean-Pierre.
Jeau-Pierre,/?«neî<r par brevet, Pour la chambre obtint un billet :
jNIanuel parlait sur la guerre; Tout le côté droit en fureur Criait : empoignez l'orateur!
Je n'aime pas Tout ce bruit, ce fracas; Fichez moi le camp, disait Jean-Pierre.
Lorsque les pères de la foi , A Lutéce, de par le roi , Vinrent déployer leur bannière ; Par un gendarme de planton Jean-Pierre fut blessé, dit-on :
Je n'aime pas Tout ce bruit , ce fracas ; Fichez-moi le camp, disait Jean-Pierre.
Deux gentilshommes de la cour Devant Jean-Pierre, l'autre jour, Exaltaient leur valeur guerrière :
Laissez-là le Trocadero :
Morbleu! j'étais à Marengo!
Je n'aime pas Tout ce bruit, ce fracas; Fichez-moi le camp, disait Jean-Pierre.
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