‹ Chansons nouvellesChapitre 31 sur 80 · LES IMPRÉCATIONS · texte numérisé non relu

LES IMPRÉCATIONS

Air : Honneur aux enfans de la France.

D'un crêpe noir, Muses voilez ma lyre!

Par la douleur mes vers sont inspirés:

Je vais chanter, mais c'est pour vous maudire

Du fier Brennus enfans dégénérés. (bis.)

Peuple léger, ton astre en décadence,

Tombe et s'éteint dans l'ombre du couchant

Enlends-tu ce sinistre chant?

Malheur, malheur aux enfans de la France!

Ce fut en vain qu'un rival de Pindare Te rappela tes hauts faits les plus beaux, Et sur ton sol , foulé par le barbare , Fit tressaillir les mânes des héros. (bis.)

Quand il chantait l'hymne de délivrance, Loin de répondre à ses nobles accens , Tu formais des vœux impuissans:

Malheur, malheur aux enfans de la France' (

Soldais Français, cachez vos cicatrices.

Ne parlez plus des vainqueurs d'autrefois, Vous <[ui souffrez que l'on traîne aux supplices Les compagnons de vos anciens exploits! (bis.)

Vous qui jadis, pour noire inflepenJancc. Avez dompte tant de périls divers;

Aux peuples vous portez des fers!

Malheur, malheur aux eulans de la France! {!>.) De tes beaux-arts la gloire te déprave , France, un vain luxe aveugle ta raison. Et tu te plais, ingénieuse esclave, A décorer les murs de ta prison. (his.)

Pour te punir de ta lâche indolence.

Ils périront tes monumens chéris.

Et l'on dira sur leurs débris :

Malheur, malheur aux enfans de la France! (//)

L'or corrupteur a desséché les âmes, L'or a flétri les vertus, les talens; L'or a tissu les plus horribles trames, L'or a souillé jusques aux chevaux blancs, (his.) La Liberté, qui n'a plus d'espérance, Nous retirant ses bienfaits dédaignés, Dit, les yeux de larmes baignés :

Malheur, malheur aux enfans de la France ! (/» )

Jeunes beautés que l'hyménée invite,

Ah! gardez-vous d'allumer ses flambeaux!

Craignez d'accroître une race proscrite

Qu'un Dieu vengeur a vouée aux tombeaux. (è/A )

Des leur jeune âge , en proie à la soufTrance ,

Les tristes fruits d'un malheureux amour

Maudiront leur mère et le jour !

Malheur, malheur aux enfans de la France! (b.)

Vous frémissez! le courroux qui m'anirao Do mes aeccns a passé dans vos cœurs!

Courons, amis, d'une ardeur unanime; Osons mourir, et nous serons vainqueurs! {bis.) Des bords du Rhin aux bords de la Durance, Qu'un cri terrible aille frapper les cieux!

Mais, vous êtes silencieux

Malheur, malheur aux enfans de la France! {/'.

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