‹ Chansons nouvellesChapitre 34 sur 80 · A BÉRANGER · texte numérisé non relu

A BÉRANGER

Air : Je suis vilain , etc.

Depuis que ta muse captive

A gémi sous de noirs barreaux,

Eh ! quoi pour la France attentive

K'as-tu pas de refrains nouveaux?

Bien loin des murs où fut sa cage,

Heureux enfin de voltiger,

L'oiseau reprend son doux ramage;

Ah! chante encor, cher Béranger. {tei:)

Du Nord quand les vautours avides

Vinrent s'abattre sur nos champs.

Pris de leurs serres homicides

Tu soupirais de tristes chants :

Quand nos preux tombaient pour la France,

Ta lyre sut les protéger ;

A ta voix renaît l'espérance :

Ah! chante encor, cher Béranger. Uer.)

Des chastes soeurs amant volage - Cherche les cités ou les bois;

(97 ) Dis-nous les amours du village, Ou l'aveugle courroux des rois.

Comptant les parjures de Lise, A la charte fais-nous songer.

Hélas ! c'est la terre promise !

Ah! chante encor, cher Beranger. (t'^f)

Mais si les 61s de la patrie

Recueillirent tes chants si doux ,

Loin du seuil de la bergerie

Tes chansons faisaient fuir les loups.

Du bois, quand la faim les rappelle,

Pendant le sommeil du berger,

Pour le troupeau fais sentinelle !

Ah! chante encor, cher Beranger. ('l'/-.)

Au char brillant de l'opulence

Vois monter le vil oppresseur,

Qui, rassuré par ton silence.

Ne rougit plus de sa noirceur.

De Loyola vois la milice,

La croix en main nous assiéger.

Vois Peyronnet à la justice....

Ah! chante encor, cher Beranger. {tei\)

Qu'si-je appris? la Parque irritée Naguère a menacé tes jours.

Et dans ta chambrette attristée Pleuraient la gloire et les amours.

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