‹ Chansons nouvellesChapitre 42 sur 80 · MON LIT · texte numérisé non relu

MON LIT

Air : Depuis long-lemps j'aimais Adèle.

Vous que jamais ma bouche n'importune, Pour obtenir de vains honneurs ,

Dieux, dont la main dispense la fortune, La renommée et les grandeurs !

Loin d'envier la gloire ou l'opulence, A vos décrets mon cœur souscrit;

Je ne veux rien, mais dans mon indigence.

Dieux, laissez-moi ma maîtresse et mon lit.

La soie et l'or de ma simple couchette

Ne décorent point le contour; Mais blanche et pure, une toile discrète

Voile les secrets de l'amour.

Chaque matin la beauté que j'adore

En la réparant l'embellit ; Puis vient le soir qui la dérange encore , Dieux, laissez-moi ma maîtresse et mon lit.

Que sous la pourpre un tyran se tourmente Pour goûter un affreux sommeil;

Moi, je m'endors sur le sein d'une amante Qui me sourit h mon réveil.

{ 120 ) Le lit etoeit où l'amour nous recèle,

A l'hymen semblerait petit :

Tant mieux, je suis plus rapproché d'Adèle: Dieux, laissez-moi ma maîtresse et mon lit. La muse aussi dont la grâce légère

M'inspira plus d'un gai refrain, A mon chevet, gentille passagère.

Vient déposer son tambourin.

Par fois cncor, la nymphe enchanteresse

Entre Adèle et moi s'établit.

Et tour à tour gaiment je les caresse : Dieux , laissez-moi ma maîtresse et mon lit.

J'ai lu jadis dans l'histoire de Rome

Qu'un empereur fort soucieux.

Fit acheter le grabat d'un pauvre homme

Qui s'éveillait toujours joyeux.

Ah! s'il venait, le monarque lui-même

Marchander mon humble réduit ; Je lui dirais, en montrant ce que j'aime: Dieux, laissez-moi ma maîtresse et mon lit. Mais si plutôt, ma chambrette paisible

Voyait l'avide créancier Prêt à saisir d'une main inflexible

Tout, jusqu'au luth du chansonnier; Du frais coloré par l'autoaine

Si ma cave se désemplit ; En m'enlevant et ma lyre et ma tonne.

Dieux, laissez-moi ma maîtresse et mou lit.

AA \'V\ VX-V VXA WX VVIA WWVXAAA VV\ VV\\a/\ WIWVX \-V\VVW t'VV

Page 1