CHARLES IX
Air : ô Moût Saint-Jean, nouvelles Thermopylcs.
Au sein d'une nuit accablante, Dans la demeure de nos rois, Gisait sur sa couche brûlante Un prince du sang des Valois.
Vainement une cour perfide Lui promit la fin de ses maux, Vain espoir! sa bouche livide Peut à peine exhaler ces mots: (bis.)
Un Dieu vengeur a déchiré mes veines,
Du sang des Huguenots sont-elles encor pleines?
» Est-ce le sang de mes sujets
Qui de ses flots inonde mon palais?
Échappés des sombres royaumes , Éloignez-vous d'un lit rojal, Spectres hideux, tristes fantômes, Rentrez au séjour infernal.
Entendez-vous l'airain qui sonne Pour apaiser le Roi des rois?
S'il pardonnait! — Ah! je frissonne!
C'est la cloche de l'Auxcrrois !
Un dieu vengeur a déchiré mes veines , Du sang des Huguenots sont elles encor pleines? Est-ce le sang de mes sujets Qui de ses flots inonde mon palais?
Je te revois, nuit exécraLle, JVuit funeste à tant de Français!
Coligny tombe... misérable!
La veille encor je l'embrassais !
J'ai vu son ombre menaçante M'arracher un sceptre abhorré.
Et j'ai senti sa main pesante Presser mon front décoloré.
Un Dieu vengeur a déchiré mes veines; Du sang des Huguenots sont-elles encor pleines? Est-ce le sang de mes sujets Qui de ses flots inonde mon palais?
Le jour luit... sa clarté révèle Les forfaits, ouvrage des cours; Dans le Louvre le sang ruisselle, De la Seine il trouble le cours!
Fuyez, victimes qu'on abuse :
Caché derrière ces vitraux, Votre roi tient son arquebuse , Votre roi se mêle aux bourreaux!
Un Dieu vengeur a déchiré mes veines; Du sang des Huguenots sont-elles encor pleines? Est-ce le sang de mes sujets
Qui de ses flots inonde mon palais?
D'un Dieu clément cruels ministres!
Sortis de ce palais fatal, J'entends encor vos cris sinistres Du meurtre donner le signal.
Puisse d'un remords salutaire Ma mort effrayer les pervers!
Adieu, Lorraine... adieu, ma mère.
Je vais vous attendre aux enfers.
Un Dieu vengeur a déchiré mes veines; Du sang des Huguenots sont-elles encor pleines? Est-ce le sang de mes sujets
Qui de ses flots inonde mon palais?
Ainsi meurt un prince facile, Corrompu par de vils flatteurs:
Catherine, toujours tranquille, S'éloigne avec ses serviteurs.
Près de la dépouille récente Veille seul un jeune orphelin , Et parfois sa bouche innocente Redit ce funèbre refrain :
Un Dieu vengeur a déchire' tes veines; Du sang des Huguenots sont-elles encor pleines ? Oui, c'est le sang de tes sujets Qui de ses flots inonde ton palais!
rt/VA VWWA-WVWWWVW "WX AAA/VWWWWWX/VW /WVAAA'WX