‹ Chansons nouvellesChapitre 55 sur 80 · L'INGÉNUE · texte numérisé non relu

L'INGÉNUE

Air : Tout ça passe , tout ça passe.

Vous qui savez tout, dit on,

Ecoutez-moi, bonne vieille,

Et prenez cette bouteille

Du meilleur de ce canton.

Dans je ne sais quel mystère

Ma prudence est en défaut :

Dites, dites, bonne mère.

Dites-moi ce qu'il me faut. (bis.)

La veille de la saint-Jean ,

Jour de ma seizième année.

J'allai dans la matinée

Chez un voisin obligeant.

C'est Lubin , sans vous déplaire ;

On peut le nommer tout haut.

Dites, dites, bonne mère,

Dites-moi ce qu'il me faut. (bis.)

Depuis ce jour, je le sens, II me manque quelque chose.

Souvent j'y pense et je n'ose En parler à mes parens.

La nuit, où je ne dors guère,

Çà me réveille en sursaut.

Dites, dites, bonne mère,

Dites-moi ce qu'il me faut. {bis.)

Hier je m'endormis au bain; La chaleur était si forte !

Mais j'entends ouvrir la porte.

Quoi! c'est vous, monsieur Lubin!

Il me croit fort en colère, Et s'en va comme un nigaud.

Dites, dites, bonne mère, Dites-moi ce qu'il me faut. {bis.)

Ce qu'il vous faut, mon enfant,

Repondit la bonne vieille,

La nature le conseille ,

Mais le bon Dieu le défend;

A moins que chez le vicaire,

Tous deux vous n'alliez plutôt.

— Grand merci, ma bonne mère.

Je vais faire, je vais faire,

Je vais faire ce qu'il faut. {bis.)

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