L'ERMITE
Air à faire.
HoLA, qui frappe? — un noble paladin Qui, sur la route assailli par l'orage. S'en va mourir de fatigue et de faim,
Si vous n'ouvrez votre ermitage.
Sous votre toit hospitalier
Lui refuserez-vous un gite?
— Vous serez mal chez un ermite;
Excusez-moi, beau chevalier.
A ce foyer allumé par bonheur.
De votre corps ranimez la faiblesse.
Vous avez faim, mais hélas! monseigneur, Que puis-jc offrir à votre altesse.' Un pauvre hère à son foyer N'eut jamais ni pot ni marmite.
On soupe mal chez un ermite; Excusez-moi, beau chevalier.
Un pain grossier est mon seul aliment; Mais d'un grand saint hier c'était la fête; Pour la chômer j'ai fait pieusement Cuire la moitié de ma quête.
V iGG )
C'est trop peu pour un chevalier
De ce rang et de ce mérite;
Mais vous êtes chez un ermite;
Excusez-moi , beau chevalier.
Au même instant sur le noyer poli L'homme de Dieu pose un coq de bruyère, Un pâté froid à moitié démoli,
Puis une truite encore entière.
— Peste! dit le noble guerrier,
Quel festin pour un cénobite!
— Vous vous moquez d'un pauvre ermite;
Excusez-moi. beau chevalier.
— Non, par ma foi; tous ces mets sont exquis; Je m'y connais; mais, dites-moi, mon père, Quand vous fêtez les saints du paradis
Ne buvez-vous qu'une onde claire?
— De posséder certain cellier
Qu'en ce jour je me félicite!
Mais c'est du vin pour un ermite;
Excusez-moi, beau chevalier.
L'ermite appelle; et, tenant un flacon,
Soudain parait la gentille Gerlrude.
— Eh quoi! mon père, un pareil compagnon
Embellit votre sollitudc?
— Ah! je sens bien qu'un bachelier
Lui trouverait peu de mérite.
Mais c'est assez pour un ermite;
Excusez-moi, beau chevalier.
A'«AA'VVVVV\'VVV'VVVVVV\AA/VX/V\ArtaAA/VVVVV\'V\/\'V\'V'VAA'W\X'\