‹ Chansons nouvellesChapitre 59 sur 80 · LE ROITELET · texte numérisé non relu

LE ROITELET

Air : De la république.

Parmi les cliantrcs du bocage,

O toi le moins favorise,

D'un titre, entant de l'esclavage,

Dis-moi donc qui t'a baptise? (bis.

Ta majesté' qu'une feuille recouvre.

Du chasseur bravo le canon,

Mais tu n'as point de gardes ni de Louvre.

Pauvre oiselet, tu n'es roi que de nom!

Ne' sous un bouquet de pervenche, L'aube sourit le premier jour Où tu volas de branche en branche.

Bénissant le ciel et l'amour. (bis.)

Mais des oiseaux la troupe rassemblée N'applaudit point à ta chanson ;

Libre et joyeux, chacun prit sa volée.

Pauvre oiselet, tu n'es roi que de nom!

N'accuse point la Providence

Qui l'a fait naître si petit;

Souvent tu Irouvcs l'abondunco

Lorsque là haut l'aigle pàtit; (bis.)

Et qiiaïul riiivcr des plaines blanchissantes

A fle'tii le dernier gazon, Mourant dfr froid, tu souffres, mais tu chantes. Pauvre oiselet, tu n'es roi que de nom?

Peut-être que du rang suprême

Quelque flatteur t'aura parle;

Ah! sous le faix du diadème,

Crois-moi, plus d'un front a tremblé, [his.) Dien plus heureux, grâce à ton aile agile,

Tu vas de la plaine au vallon, Et tu t'endors sur la fleur immobile.

Pauvre oiselet, tu n'es roi que de nom!

Près d'une compagne adorée

Reste toujours, oiseau des champs;

Même en une cage dorée

Tu ne trouverais plus de chants. bis.)

Que les vautours se disputent l'empire

De la fauvette et du pinson.

Mais que toujours de toi l'on puisse dire : Pauvre oiselet, tu n'es roi que de nom!

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