‹ Chansons nouvellesChapitre 65 sur 80 · L'ANGE ET NOS PREMIERS PARENS · texte numérisé non relu

L'ANGE ET NOS PREMIERS PARENS

Air à faire.

Après leur cruel châtiment, Errans dans une nuit profonde , Les premiers habitans du monde Se lamentaient amèrement ,

Lorsqu'avec l'aube, éblouissant de gloire, Parut un messager des cieux ,

Qui fit ouïr ce chant mélodieux, Sur sa harpe d'or et d'ivoire :

K Si l'Éternel vous a punis.

Vos pleurs ont éteint son tonnerre; Consolez-vous, pauvres bannis, Vous serez heureux sur la terre.

51 Oubliez le céleste Eden , Où coula votre heureuse enfance, Dieu, qui pardonne après l'offense.

Vous donne un monde pour jardin.

Fruit du travail que ma voix vous annonce, L'épi couvrii'a vos guérets.

Et l'olivier, le myrte et l'aloes Fleuriront où rampe la ronce!

Si l'Éternel vous a punis, Vos pleurs ont éteint son tonnerre,

Consolez-vous, pauvres bannis, Vous serez heureux sur la terre.

3) Adam, vois-tu ces deux ormeaux.

Qu'enlace une souple liane , Pour te construire une cabane Apprends à plier leurs rameaux :

Quand tu viendras le soir de la campagne. Harassé des travaux du jour.

Devant le seuil, attendant ton retour, Tu verras de loin ta compagne.

Si l'Éternel vous a punis, Vos pleurs ont éteint son tonnerre; Consolez- vous, pauvres bannis, Vous serez heureux sur la terre!

V Les fruits cueillis par votre main Seront plus doux à votre bouche, Et puis sur une même couche Vous goûterez un chaste hymen!

En gémissant, Eve, tu seras mère, Ainsi les cieux l'ont ordonné,

Mais le souris de ton ûls nouveau-né De tes douleurs te rendra fière.

Si l'Eternel vous a punis.

Vos pleurs ont éteint son tonnerre ; Consolez-vous, pauvres bannis.

Vous serez heureux sur la terre.

i> Sous les ailes de l'Éternel Croîtra votre jeune famille,

( i8o ) Comme on voit grandir la charmille Autour de l'arbre paternel.

De rejetons pleins de force et de grâce, ' Votre déclin se parera ,

Et lorsqu'à lui Dieu vous rappellera, Vous revivrez dans votre race.

Si l'Eternel vous a punis, \'os pleurs ont éteint son tonnerre; Consolez-vous, pauvres bannis.

Vous serez heureux sur la terre!

31 Un jour vos fils industrieux

Des monts aplaniront les cimes;

Ils sonderont les noirs abimes.

Comme ils mesureront les cieux; Mais, plus heureux, dans ces jours de merveilles^

Ceux qui , préférant vos travaux , Vivront en paix du lait de leurs troupeaux

Et du nectar de leurs abeilles.

Si l'Éternel vous a punis,

Vos pleurs ont éteint son tonnerre;

Consolez- vous, pauvres bannis,

Vous serez heureux sur la terre. »

Là s'arrêta le chantre ailé; En l'écoutant, les deux coupables D'aimer se sentirent capables, Et le couple fut console.

D'Archange alors, pareil au météore, Disparut à leurs yeux ravis,

ais prés d'entrer aux célestes parvis, Sa harpe murmurait encore :

<c Si l'éternel vous a punis, Vos pleurs ont éteint son tonnerre; Consolez-vous, pauvres bannis, y

Vous serez heureux sur la teire! ]> X

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MA TANTE URLURETTE.

Mon oncle était un luron Qui se nommait Urluron; Ma tante, bonne et proprette, Urlurette, (bis.)

Ma tante Urlurette.

Urlurette, avait, dit-on, A seize ans le meilleur ton Pour une simple grisette, Urlurette, Ma tante Urlurette.

Sur un minois chiffonné Elle avait un petit nez.

Grands yeux noirs, taille parfaite, Urlurette, Ma tante Urlurette.

Souliers blancs et jupon court, Voyez-la, comme elle court Pour danser à la guinguette, Urlurette, Ma tante Urlurette.

Plus d'un grand la courtisa, Mais simple elle refusa Bijoux, carrosse, toilette, Urlurette, Ma tante Urlurette.

Sage de peur d'accident, Elle riait cependant Quand on lui contait fleurette, Urlurette, Ma tante Urlurette.

Logeant au même palier.

Mon oncle, franc du collier, Souvent rencontrait seulette Urlurette, Ma tante Urlurette.

L'amour, ce fripon d'enfant Qui veut ce qu'on lui défend, Chiffonna ta collerette, Urlurette, Ma tante Urlurette.

Ayant bu deux doigts de vin, Bref, un soir elle devint Sur une pauvre couchette Urlurette, Ma tante Urlurette.

Ah! combien elle rougit Quand son corset s'élargit.

Plaignez hélas! la pauvrette, Urlurette, Ma tante Urlurette.

Béni soit le sacrement!

Grâce à lui se fit gaîment La noce après la layette, Urlurette, Ma tante Urlurette.

Mais l'amour est passager; Mon oncle , vif et léger, Délaissa dans la couchette Urlurette, Ma tante Urlurette.

Cependant qu'au cabaret En buvant il se distrait, Elle soupire inquiète, Urlurette, Ma tante Urlurette.

J'étais son petit neveu; Mais à quinze ans, plein de fel^.

J'avais la jambe bien faite, Urlurette , Ma tante Urlurette

Mais lie plus j'avais encor Ce rare et joli trésor Qu'on aime à prendre en cachette, Urlurette, Ma tante Urlurette.

Heureux de t'en faire don, Lui dis je, un jour, prends-le donc, Diantre! si je le regrette! Urlurette, Ma tante Urlurette.

Non, je n'oublirai jamais Combien celle que j'aimais Était vive et rondelette, Urlurette, Ma tante Urlurette.

Elle avait de mon amour Jusqu'à six preuves par jour, Et chacune était complète, Urlurette, Ma tante Urlurette.

Hélas, regrets superflus!

Ma bonne tante n'est plus !

Nuit et jour je te regrette

Urlurette, Ma tante Urhuelte.

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