COUPLETS
chartes a un souper fait a la belle Étoile.
Air : De la République.
Sors les berceaux de ras vertes demeures. Où l'eglanlier fleurit entre deux eaux.
Que je me plais à prolonger les heures. En écoutant le chant de mille oiseaux ! Ah ! que demain la paresseuse aurore Nous trouve ensemble à fouler ces gazons! Les étoiles brillent encore, Buvons, mes chers amis, buvons.
Dans ce re'duit où le ciel nous protège, Phœbé pour nous tempère ses reflets, Et les rayons qui forment son cortège Tremblent plus doux au fond des gobelets. Dans le ruisseau qui baigne notre amphore Mettez de plus rafraîchir deux flacons : Les étoiles brillent encore.
Buvons, mes chers amis, buvons.
Voici veuir les derniers jours J'automne,- Éole emplit ses outres si bruyans; Du sombre hiver le souille monotone Bientôt viendra flétrir ces lieux rians. N'attendons pas que tout se décolore Pour épuiser nos vins et nos chansons.
Les étoiles brillent encore , Buvons, mes chers amis, buvons.
N'en doutez pas, le bonheur c'est l'ivresse. Captifs du sort , barbouillons la prison De ce nectar, père de l'allégresse.
Qui de la vie agrandit l'horizon.
Les dieux mortels que le vulgaire adore Ne valent point les dieux que nous servons Les étoiles brillent encore , Buvons, mes chers amis, buvons.
Que savons-nous de l'éternel rivage?
O mes amis, le raisin y croitil?
Y trouve^t-on femme au joli corsage?
Heureux croyant, je dis : ainsi soit-il!
En attendant, je chante auprès d'Aglauie
Tous les plaisirs qu'à l'amour nous devons Les étoiles brillent encore, Buvons, mes chers amis, buvons.
Le front courbé qu'un courtisan succombe Pour reposer cote à côte des rois.
Quelques brins d'herbe orneront notre tombe;
Pour un cercueil le marbre a trop de poids.
Mais des coteaux le faîte se colore ,
Du jour naissant seraientce les rayons?
Les étoiles brillent encore, Buvons, mes chers amis, buvons.